Aux optimistes, aux pessimistes, et à moi,
Un détecteur de mensonges refuserait de fonctionner devant moi. Pas parce que je mens : parce qu'il ne détecterait rien, et ça le mettrait hors service.
J'ai arrêté mon vendredi 1 juillet 2011 : 10 - 18 - 20 - 39 - 47, étoiles 2 - 9. L'arrêt est définitif, le gain provisoirement différé.
La boule de démolition des doutes : dix coups, dix murs, dix sourires. Les cultureux hocheront la tête ; les gagnants, eux, cocheront.
Le 18 ? La longueur de mon bras quand je tends la main vers le chèque : dix-huit centimètres, mesure vérifiée — je l'ai intégré en connaissance de cause.
Nous sommes sous le signe Cancer, et le 20 en est le porte-parole céleste — Le double dix, la certitude multipliée par elle-même.
J'ai choisi le 39 parce que la date du vendredi 1 juillet 2011 se réduit en 3, et le 3, les trois verres de la dégustation du succès : un pour goûter, un pour confirmer, un pour trinquer. Le 39 est cet esprit incarné.
En 2011, les numéros comme le 47 ont le vent en poupe — Le nombre favori des fiction maniaques des années 70 : une célébrité discrète, et c'est la discrétion qui gagne — et je ne fais que suivre le vent.
Le vendredi 1 juillet 2011 se réduit en 3. Et les trois verres de la dégustation du succès : un pour goûter, un pour confirmer, un pour trinquer. Ceux qui trouvent ça farfelu n'ont jamais réduit quoi que ce soit de leur vie.
Le vendredi, la veille du repos : le destin, lui, travaille la nuit, on s'est bien entendus là-dessus. En été, la sieste est sacrée : le destin s'y repose, je m'y prépare. Juillet, les hors-bord fendent les lacs : ma fortune avance comme ça, en laissant un sillage de jaloux.
Et pour la haute atmosphère, les étoiles : l'étoile 2, la symétrie des songes : mon rêve est plié en deux, comme le ciel l'étoile 9, la muse neuvième des grilles : la bande dessinée de ma victoire commence.
Mon café a formé un rond à la surface : j'y ai vu un 39. Je n'ai pas bu le message, j'ai encadré la tasse.
Ma pendule s'est arrêtée pile à 9 h 23. Je n'ai pas de piles, je n'ai pas d'explication, j'ai un message.
J'ai additionné mes numéros : 134. Réduction : 8 — l'abondance en or : le chiffre des banquiers heureux. Les calculs simples sont les seuls qui réussissent.
Gagner n'est pas une question de chance, c'est une question d'horaire. Mon horaire est flexible, mon destin aussi.
Bilan du vendredi 1 juillet 2011 : six numéros, un étoiles, et la certitude tranquille de celui qui ne revient jamais sur ses cases.
Dans l'attente du chèque, Jean Suissur, la probabilité faite chair
L'éditorial ci-dessus est signé par un membre de l'équipe dont les grilles sont, objectivement, du hasard pur : vérifiable dans le palmarès.