Tirage du
La grille de Jean pour ce tirage :14 25 32 43 45n° Chance 1 n° Chance
À tous ceux qui m’ont dit « Jean, c’est impossible » :
Un statisticien a calculé mes chances sur vingt ans. Il a trouvé zéro et il a eu peur de son propre calcul. Je comprends.
Le samedi, jour de Saturne et des récoltes : le temps a passé, les sacs restent ouverts. L’été, la saison des terrasses : j’y sirote ma victoire future, en soda, pour l’instant.
Au samedi 2 juillet 2011 : 14 - 25 - 32 - 43 - 45 et n° Chance 1. Une composition sobre, pour un gain qui ne le sera pas.
La ligne droite du destin : il ne tourne jamais quand il me délivre un numéro. Et c’est un samedi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
Le 25 rejoint la numérologie du jour : la date du samedi 2 juillet 2011 se réduit en 4, et le 4, les quatre saisons de la maison du gagnant : celle d’été a la piscine, celle d’hiver a la cheminée à billets. Une boule qui parle la langue du jour, on ne la refuse pas.
En 2011, les numéros comme le 32 ont le vent en poupe — Le compteur du garage qui tourne sans rouiller : toutes les distances mènent au guichet — et je ne fais que suivre le vent.
Nous sommes en été, et le 43 s’y sent chez lui — Le sens interdit du destin : lui roule à l’envers, moi je file droit vers le guichet.
Le rang du grand buffet des longues traversées : servi en premier, desservi jamais. Les cultureux hocheront la tête ; les gagnants, eux, cocheront.
Le n° Chance ferme la grille à clé : le 1, la chance qui se cache à la vue de tous : personne ne la voit, sauf le prochain gagnant, à savoir moi.
J’ai additionné mes numéros : 159. Réduction : 6 — les six verres du service de réception du hasard : il en faut un par boule sortie, et un septième pour le n° Chance. Les calculs simples sont les seuls qui réussissent.
Le premier euro du jackpot m’appelle déjà. Je ne décroche pas, par principe : on ne décroche pas devant le destin.
Au total : 14 - 25 - 32 - 43 - 45 et n° Chance 1. Je signe cette grille comme on signe une évidence.
Fidèlement, Jean Suissur, gagnant en attente d’être, mais déjà célébré
La rédaction précise : les coïncidences de Jean sont réelles, ses explications sont littéraires.