À tous ceux qui jouent au hasard sans le comprendre,
Mon voisin Gérard joue les dates de naissance depuis quinze ans et s’étonne de ne rien gagner. Moi je joue mes vibrations. La différence, c’est que je ne m’étonne jamais.
Le vendredi, le jour où le destin fait ses cartons et où les lâches prennent déjà leur week-end. En été, les volets clos gardent les grilles au frais : le destin préfère les numéros tempérés. Juin, les jours s’allongent : plus de lumière pour voir venir les signes.
Ce vendredi 23 juin 2017, je présente 5 - 10 - 18 - 39 - 42 — étoiles 3 - 12 gardant la porte.
Le 5 ne joue pas seul — La bague des fiançailles avec le hasard : diamant, or, et un soupçon d’arrogance — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
En ce vendredi, le 10 avait l’allure d’un favori qui connaît le public.
Nous sommes sous le signe Cancer, et le 18 en est le porte-parole céleste — La majorité : ce numéro vote, et il vote pour moi.
Le tour de la grande fête foraine : dernier manège, tout le monde descend, moi je reste. L’année 2017 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
La date du vendredi 23 juin 2017 se réduit en 3, et le 3, la triple enceinte des forteresses : ma fortune en a besoin d’aucune, mais on respecte les normes : le 42 n’a pas eu besoin d’en dire plus pour décrocher sa place.
Au chapitre étoiles, c’est réglé : l’étoile 3, le triangle du ciel profond : ce qui est profond finit par remonter l’étoile 12, le zodiaque en miniature : tous les signes me donnent leur accord.
La somme de ma grille fait 114, soit une racine de 6 — le sucre en poudre des beignets réussis : six grammes de plus par fortune, c’est la recette du destin. Le total est signé.
Je prépare mes discours de gagnant par tirage. Le stock de discours avance plus vite que le stock de gains, mais tout vient à point.
Au total : 5 - 10 - 18 - 39 - 42 et étoiles 3 - 12. Je signe cette grille comme on signe une évidence.
Le destin me doit encore une danse, Jean Suissur, l’imbattable du dimanche et du reste
Jean Suissur écrit ses certitudes ici. Ses gains, eux, s’écrivent ailleurs — rarement, pour l’instant.