Cher lecteur, cher perdant régulier,
Les mathématiciens ont un mot pour ce que je fais : « impossible ». Les mathématiciens ont aussi un mot pour la bière : « imbuvable ». Chacun son domaine.
J’ai laissé parler les choses : 5 - 9 - 12 - 13 - 29 et étoiles 2 - 10, dans cet ordre, sans hésiter une seconde.
Le 5 ? Les doigts de la main qui cocheront la grille, à condition de savoir les compter — chose faite — je l’ai intégré en connaissance de cause.
En ce mardi, le 9 avait l’allure d’un favori qui connaît le public.
La précompte du destin : tout est calculé, rien ne se perd. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
J’ai choisi le 13 parce que la date du mardi 23 juin 2015 se réduit en 1, et le 1, la pointe du compas : tout cercle commence par lui, y compris celui de ma fortune. Le 13 est cet esprit incarné.
Le bonus du calendrier : la maison offre un jour, je prends la grille. Les cultureux hocheront la tête ; les gagnants, eux, cocheront.
Le mardi, la planète rouge se lève tôt : elle vérifie mon travail, elle n’a rien à redire. L’été, la saison des terrasses : j’y sirote ma victoire future, en soda, pour l’instant.
Les étoiles en appui orbital : l’étoile 2, la paire de lucioles : elles éclairent mon chemin de billet l’étoile 10, la décennie de mes songes compressée en une nuit.
Le lave-vaisselle a bipé 29 fois. La machine est neuve, le bip est récent, le message ne l’est pas.
La somme de ma grille fait 68, soit une racine de 5 — les cinq sens du coffre-fort : il sent qu’on le remplit, il grogne de plaisir, on l’entend de la cuisine. Le total est signé.
Je n’ai pas de porte-bonheur : je suis autonome. Mais j’ai un porte-clés, au cas où le destin veut rentrer.
Au total : 5 - 9 - 12 - 13 - 29 et étoiles 2 - 10. Je signe cette grille comme on signe une évidence.
Confiance gardée, Jean Suissur, à contre-courant des courbes — par goût
Avertissement : la lecture de cet édito n’augmente rien du tout. C’est sa fonction.