Bonjour aux gens sérieux — vous avez fini de rire ?
Mon voisin Gérard joue les dates de naissance depuis quinze ans et s'étonne de ne rien gagner. Moi je joue mes vibrations. La différence, c'est que je ne m'étonne jamais.
Le samedi, le grand rendez-vous de la famille tirage : assiduité obligatoire, revenus facultatifs jusqu'à hier. En hiver, le froid choisit ses élus : les miens portent des gants et signent des chèques.
Le train de 15 h 10 avait 12 minutes de retard. Retard noté, retard excusé.
Composition retenue du samedi 3 décembre 2011 : 1 - 5 - 12 - 26 - 36, n° Chance 10. Les autres compositions savent pourquoi.
Le 1 ne joue pas seul — L'hydrogène des numéros : tout l'univers est fabriqué avec, j'ai choisi la matière première — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
La main ouverte du destin, doigts écartés pour la photo. L'année 2011 confirme la tendance, c'est consigné dans mes archives.
En ce samedi, le 12 avait l'allure d'un favori qui connaît le public.
Le 26 rejoint la numérologie du jour : la date du samedi 3 décembre 2011 se réduit en 1, et le 1, l'initiale d'« improbable », qui est mon deuxième prénom. Une boule qui parle la langue du jour, on ne la refuse pas.
Dans ma grille figure le 36. Le nombre qui préfère les boules rondes aux carrés fragiles : les boules rondes, c'est ma famille, et c'est peu de le dire.
J'ajoute le n° Chance — le 10, la chance parfaite du compte arrondi : zéro centime de perte d'arrondi, promis.
Le hasard est mon employé. Il arrive en retard depuis des années, mais personne n'échappe à la paie.
Résumé officiel du samedi 3 décembre 2011 : 1 - 5 - 12 - 26 - 36, n° Chance 10. Le reste n'est que commentaire, et le commentaire est ci-dessus.
Jean Suissur, en licence d'immortalité
Le palmarès compare tout le monde à Jean. Jean ne se compare qu'au jackpot. Tout le monde ne peut pas avoir raison.