Chères têtes brûlées du loto,
La confiance ne se décrète pas. Elle se constate. Vous pouvez commencer à constater.
Le mercredi, Mercure négociateur : j'ai obtenu le jackpot à vie, avec option de renouvellement. En été, la sieste est sacrée : le destin s'y repose, je m'y prépare.
Un 36 est arrivé sur ma facture d'électricité. L'électricité, justement, ça s'allume.
Dans le bus, un monsieur portait un maillot floqué du 13. J'habitais ce quartier depuis vingt ans sans jamais voir ce maillot.
Ma grille pour le tirage du mercredi 2 juin 2010 est posée : 13 - 36 - 37 - 41 - 43, avec n° Chance 8 en guide.
Le ciel du mercredi 2 juin 2010 place le Gémeaux en ascendant de mes affaires — Le nombre qui tient les statistiques par le col : les statistiques ont le toupet de dire non, elles diront oui. Le 13 traduit.
La date du mercredi 2 juin 2010 se réduit en 2, et le 2, la copie conforme : le destin a pris modèle sur ma grille, il ne s'en cache pas : le 36 n'a pas eu besoin d'en dire plus pour décrocher sa place.
Le 37 ? Le trente-sept de la première bougie double : trente-sept flammes, trente-sept souffles, trente-sept chèques — je l'ai intégré en connaissance de cause.
La quarante-et-unième case du chemin de la victoire : case encore, case toujours. Les cultureux hocheront la tête ; les gagnants, eux, cocheront.
Nous sommes en été, et le 43 s'y sent chez lui — L'anonymat des gagnants discrets : catégorie que je quitterai à contrecœur.
Question n° Chance, Jean a un avis tranché : le 8, la chance octogonale : huit côtés, huit vies, une seule loyauté.
Mon discours de réception du chèque est prêt depuis des années. Il est excellent, d'ailleurs.
Ce que je joue au mercredi 2 juin 2010 tient en une phrase : 13 - 36 - 37 - 41 - 43, et n° Chance 8 pour tenir ma main.
Jean Suissur, votre humble serviteur (humblement millionnaire)
La rédaction précise : les coïncidences de Jean sont réelles, ses explications sont littéraires.