Mes salutations aux doux rêveurs et mon mépris aux râleurs,
Certaines personnes méditent. D’autres prient. Moi, je reçois des numéros — avec régularité, et sans rendez-vous.
142. Réduit à 7 : la mer de sept mers que traverse le chèque : il a un passeport, il revient toujours à son port d’attache. Je n’invente pas les règles, je les lis.
Le lundi 27 septembre 2010 aura ma grille : 7 - 13 - 33 - 44 - 45, n° Chance 2. Le tirage aura ma bienveillance : c’est déjà beaucoup.
La date du lundi 27 septembre 2010 se réduit en 3, et le 3, le tabouret à trois pieds : on ne vacille pas dessus, on y trône : le 7 n’a pas eu besoin d’en dire plus pour décrocher sa place.
En 2010, les numéros comme le 13 ont le vent en poupe — Le vendredi 13 de ma vie privée : rendez-vous pris, par écrit — et je ne fais que suivre le vent.
Le lundi porte la signature du 33 : L’âge du Christ et des bons vins : sacré, millésimé, imbattable. Le calendrier approuve, je coche.
Le 44 ne joue pas seul — Les quatre onze du destin : l’intuition blindée, ceinturée, garantie — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
Nous sommes en automne, et le 45 s’y sent chez lui — La borne du grand chemin du retour des victoires : elles reviennent toujours par là, rarement seules.
Le lundi, la boîte aux lettres déborde de courriers divers ; le mien attend un recommandé avec un logo de banque. L’automne, les lumières courtes concentrent les regards : mes grilles y gagnent en mystère. Septembre, quand les feuilles tombent, les doublons se voient : je n’en ai pas.
Avec, en cerise, le n° Chance : le 2, la chance de la seconde : la deuxième chance est la bonne, disent les statistiques (les miennes).
Un jour, on tracera ma trajectoire dans les écoles de commerce. Comme contre-exemple. Puis comme exemple.
Je résume pour les archives : 7 - 13 - 33 - 44 - 45, n° Chance 2, le lundi 27 septembre 2010. Le dossier est complet, il ne manque que le tampon du guichet.
Qui note tout, surtout ce qui n’arrivera pas, Jean Suissur, président autoproclamé du club des presque
Le lecteur averti aura compris. Le lecteur Jean Suissur n’a encore rien compris, et c’est ce qu’on aime chez lui.