À mes futurs biographes : le plus dur reste à raconter,
On m’a proposé une émission. J’ai refusé : le destin n’est pas un plateau télé, c’est un guichet.
Grille du vendredi 24 avril 2020, dictée par une voix intérieure très organisée : 6 - 9 - 36 - 39 - 42, étoiles 4 - 12.
Les étoiles m’accompagnent : l’étoile 4, le carré magique du firmament : les diagonales me pointent l’étoile 12, la dernière du ciel Jouable : réservée, comme la place de parking du destin.
J’ai choisi le 6 parce que la date du vendredi 24 avril 2020 se réduit en 5, et le 5, les cinq doigts du gagnant : il compte dessus, littéralement. Le 6 est cet esprit incarné.
Le 9 ? Les neuf muses : toutes m’inspirent, certaines me téléphonent — je l’ai intégré en connaissance de cause.
Le double dix-huit : la majorité au carré, la victoire en âge mûr. Les cultureux hocheront la tête ; les gagnants, eux, cocheront.
Printemps : Le tour de la cage du grand escamoteur : le lapin sort, il est à moi, le chapeau aussi. La saison appelle le 39, je n’ai fait qu’exécuter.
Le ciel du vendredi 24 avril 2020 place le Taureau en ascendant de mes affaires — Les six fois sept de la grande table : la multiplication salue, le produit est à moi. Le 42 traduit.
La caissière du downstairs m’a souri 6 fois. Une fois, c’est poli. 6 fois, c’est un télégramme.
J’ai reçu un appel en absence à 23 h 00, d’un numéro à 9 au milieu. On ne rappelle pas le destin : il insistera.
Le vendredi, le jour où le destin fait ses cartons et où les lâches prennent déjà leur week-end. Au printemps, le destin fait son ménage : il garde mes numéros sous verre.
Les sceptiques disent que je dis ça à chaque tirage. Les sceptiques disent aussi bonjour, donc on a mesuré la valeur de leur avis.
Bilan du vendredi 24 avril 2020 : cinq numéros, deux étoiles, et la certitude tranquille de celui qui ne revient jamais sur ses cases.
Qui note tout, surtout ce qui n’arrivera pas, Jean Suissur, docteur honoris causa du presque-sûr
Aucune méthode n’augmente vos chances ; Jean l’apprendra comme tout le monde, au palmarès.