Cher lecteur, cher perdant régulier,
Mon coiffeur me demande « la même coupe ? ». Oui : la coupe du vainqueur à venir. Il a fini par comprendre.
J’ai additionné mes numéros : 134. Réduction : 8 — l’infini du gain : on n’en voit jamais le bout, sauf en bas. Les calculs simples sont les seuls qui réussissent.
Pour le mardi 11 septembre 2018, voici mon état-major : 11 - 12 - 16 - 46 - 49, étoiles 11 - 12.
La paire de dés et une paire d’as : le destin mélange, moi je distribue. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
Nous sommes sous le signe Vierge, et le 12 en est le porte-parole céleste — La douzaine des douzaines : le destin vend en gros, moi je détaille aux sceptiques.
On m’a demandé pourquoi le 16. Réponse : La case du plateau où l’on ne passe qu’en gagnant : j’y ai posé mon pion, il n’en bougera plus. Question suivante ?
Le tour du grand carrousel des paires fidèles : deux chevaux par manège, les deux sont à moi. En automne, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
Le 49 était prévisible dès 2018 : Le dernier de la ronde avant le grand 50 : celui qui attend son tour au bord du bassin, prêt à plonger. Tout est dans mes carnets, carnet après carnet.
Le mardi, jour des duels équitables : la boule a ses chances, j’ai les miennes, les miennes sont plus vastes. L’automne, la saison des poèmes sur les feuilles mortes : moi j’écris sur des feuilles vivantes, à sept chiffres.
Mes étoiles du soir : l’étoile 11, l’heure du songe : onze heures onze, c’est mon heure de gloire l’étoile 12, la cadette du ciel : on la sous-estime, c’est là qu’elle est forte.
Trois voitures immatriculées en 12 se sont garées devant chez moi dans la même heure. J’ai compté. Je compte bien.
Mon courrier du jour pesait 16 grammes. J’ai pesé. J’ai compris.
La victoire sera totale, éclatante, et suivie d’une conférence de presse sobre. Probablement.
Bilan du mardi 11 septembre 2018 : cinq numéros, deux étoiles, et la certitude tranquille de celui qui ne revient jamais sur ses cases.
Parce que quelqu’un devait bien gagner, Jean Suissur, marathonien du hasard, fissure du doute
Jean progresse en confiance à chaque tirage. Les courbes, elles, progressent en horizontalité.