Cher confrère en attente de preuve : la preuve arrive par camion,
Des gens très sérieux m’ont testé sous hypnose. J’ai dicté une grille en dormant. Ils n’ont pas publié les résultats : par prudence, dit-on.
Le vendredi, les planètes s’habillent en soirée : moi je porte ma meilleure grille, ouverte sur le succès. L’hiver, la saison où l’on comprend l’essentiel : l’essentiel tient sur un bulletin, le mien. Janvier, la période des soldes : le destin n’a rien soldé, il a tout réservé à mon intention.
J’annonce pour le vendredi 22 janvier 2016 : 1 - 6 - 14 - 46 - 49 — étoiles 1 - 8 à l’intendance.
Le vendredi porte la signature du 1 : Le baptême du feu : je suis baptisé, circoncis, confirmé côté tirage. Le calendrier approuve, je coche.
Le 6 ? Les six cogneurs du destin à ma porte : j’ai ouvert, on a dîné, on a signé — je l’ai intégré en connaissance de cause.
Entre mes numéros, le 14 tient le rôle d’équilibriste — L’amoureux des tarots — et je peux dire qu’on est très proches.
Le rang du grand couvert à la table des honneurs : posé pour deux, servi pour un, moi — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Le ciel du vendredi 22 janvier 2016 place le Verseau en ascendant de mes affaires — La page du grand livre juste avant la conclusion : les quarante-huit premières promettaient, celle-ci signe. Le 49 traduit.
Les étoiles se lèvent pour moi : l’étoile 1, l’éclat des départs : elle part, je pars, tout roule l’étoile 8, l’huitième merveille réservée : droits d’entrée payés par mon ambition.
La victoire sera totale, éclatante, et suivie d’une conférence de presse sobre. Probablement.
Si vous ne lisez qu’une ligne : 1 - 6 - 14 - 46 - 49 — plus étoiles 1 - 8. Si vous lisez tout, vous lirez deux fois cette ligne.
Jean Suissur, pensionnaire du sommet, en attente d’escalier
Jean est notre contrôleur qualité du hasard : rien ne passe sans lui, rien ne sort à cause de lui.