Chères têtes brûlées du loto,
On m’a proposé une émission. J’ai refusé : le destin n’est pas un plateau télé, c’est un guichet.
Le samedi, la liberté a un visage : il ressemble à ma grille. En hiver, le destin travaille au chaud : son bureau est chez moi, on a dit.
Le distributeur de tickets m’a donné le numéro 2. Il n’y avait personne d’autre.
Mon bulletin du samedi 23 janvier 2016 : 2 - 10 - 26 - 30 - 46, n° Chance 3. On ne déchire pas une œuvre, on l’encadre.
Nous sommes en hiver, et le 2 s’y sent chez lui — L’union sacrée du joueur et de sa grille.
La décimale d’un seul chiffre : simplicité qui rapporte. L’année 2016 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
On m’a demandé pourquoi le 26. Réponse : L’alphabet de la victoire : vingt-six lettres, une seule signature. Question suivante ?
La moitié du compte à rebours du jackpot : le compte à rebours est long, le jackpot est long aussi. Et c’est un samedi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
J’ai choisi le 46 parce que la date du samedi 23 janvier 2016 se réduit en 6, et le 6, le foyer : le feu est mis, il ne manque que le bois du chèque. Le 46 est cet esprit incarné.
Avec, en cerise, le n° Chance : le 3, la chance du trio gagnant : podium personnel, marche réservée.
D’ici là, je travaille. Enfin, je reste disponible — c’est la partie la plus difficile du métier.
Résumé officiel du samedi 23 janvier 2016 : 2 - 10 - 26 - 30 - 46, n° Chance 3. Le reste n’est que commentaire, et le commentaire est ci-dessus.
Sans rancune envers les chiffres, Jean Suissur, qui a refusé la prudence à deux reprises
Jean écrit seul, la nuit. Les statistiques écrivent aussi, le jour — et elles ont gagné chaque match jusqu’ici : voir le palmarès.