Chères têtes brûlées du loto,
On m’a proposé une émission. J’ai refusé : le destin n’est pas un plateau télé, c’est un guichet.
Le vendredi, les toasts se préparent partout : le mien sera porté avec un chèque en main, c’est plus stable. L’hiver, la saison des veillées : le destin travaille de nuit, moi aussi. Décembre, le mois des livraisons importantes : le destin a pris le colis, je l’ai pesé.
J’ai trouvé une pièce de 33 centimes par terre, côté face. Le hasard n’a pas de face, il a des intentions.
Pour ce tirage du vendredi 9 décembre 2011, je livre : 10 - 15 - 23 - 33 - 50, et étoiles 4 - 10 en boussole.
Le compte rond du destin : zéro centime de retenue sur mes rêves. Et c’est un vendredi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
La mi-temps de la chance : au retour, je marque plus — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Le 23 ne joue pas seul — La veille des soldes du destin : les étalages sont pleins, j’entre par la porte des vainqueurs — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
Dans ma grille figure le 33. La légende vivante des âges sacrés : je me lève avant lui par respect, et c’est peu de le dire.
J’ai choisi le 50 parce que la date du vendredi 9 décembre 2011 se réduit en 7, et le 7, le septième sens du pronostiqueur abouti : il ne s’invente pas, il s’entretient, moi je lui passe de l’huile. Le 50 est cet esprit incarné.
Et les étoiles, évidemment : l’étoile 4, la fondation de mes songes : quatre coins, un chèque l’étoile 10, la note parfaite du ciel : dix sur dix, comme mes grilles.
Le premier euro du jackpot m’appelle déjà. Je ne décroche pas, par principe : on ne décroche pas devant le destin.
Récapitulons : vendredi 9 décembre 2011, vendredi, ma grille 10 - 15 - 23 - 33 - 50 et étoiles 4 - 10. Ce qui devait converger converge, ce qui devait sortir sortira.
Au guichet comme à la ville, Jean Suissur, la légende locale du tabac de la rue
La rédaction et les probabilités remercient Jean pour sa contribution involontaire à la pédagogie.