À la table voisine, à la mienne, au destin debout,
On m’a offert un livre sur les statistiques en 2011. Je m’en sers toujours : il maintient la porte du garage ouverte, à la bonne hauteur.
Le mardi, la semaine trouve son rythme : le mien est celui d’un métronome réglé sur les tirages. L’hiver, la saison où l’on comprend l’essentiel : l’essentiel tient sur un bulletin, le mien. Décembre, les fenêtres s’habillent de lumière : la mienne laisse passer celle du coffre, discret mais présent.
Mon bulletin du mardi 13 décembre 2011 : 5 - 18 - 20 - 30 - 39, étoiles 5 - 8. On ne déchire pas une œuvre, on l’encadre.
Le 5 ? Les cinq étoiles de mon hôtel futur : je les ai réservées à vie — je l’ai intégré en connaissance de cause.
Le double neuf inversé : le miroir du destin me montre gagnant, deux fois. Et c’est un mardi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
Hiver : Le double dix, la certitude multipliée par elle-même. La saison appelle le 20, je n’ai fait qu’exécuter.
Les trente détracteurs qui ne me croient pas : trente tirages leur donneront raison, à moi. L’année 2011 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
Les trois neufs du bonheur arrondi : l’abondance qui s’assume — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Et les étoiles, évidemment : l’étoile 5, la sœur cadette de la gloire : la cadette, c’est toujours la plus douée l’étoile 8, la pieuvre des songes : huit tentacules, un seul billet.
Les rêves ne coûtent rien, disent-ils. Les miens ont un rendement futur : c’est de l’investissement rêvé.
Ce que je joue au mardi 13 décembre 2011 tient en une phrase : 5 - 18 - 20 - 30 - 39, et étoiles 5 - 8 pour tenir ma main.
Sûr de sûr, Jean Suissur, la chance a mes coordonnées
Nous rappelons que Jean Suissur parle en son nom. Le hasard n’a pas donné de mandat, il exécute quand même.