À ceux qui comptent les tours de roue du destin : il tourne chez moi,
Depuis le temps, les librairies ne vendent plus de livres de numérologie dans mon quartier : j’ai tout expliqué, il ne restait rien à écrire.
Le vendredi, le week-end des autres commence en pensée ; le mien commence en chiffres. L’hiver, la saison où l’on comprend l’essentiel : l’essentiel tient sur un bulletin, le mien.
Composition du vendredi 9 décembre 2005, arrêtée en comité restreint (moi) : 4 - 16 - 31 - 35 - 48, étoiles 4 - 10.
Nous sommes sous le signe Sagittaire, et le 4 en est le porte-parole céleste — Les quatre coins de la pièce où atterrira la boule, le carré de la stabilité gagnante.
Le vendredi porte la signature du 16 : Le seize du destin en bonbons : seize sucettes d’or au sortir de l’école de la chance. Le calendrier approuve, je coche.
Le numéro qui garde le meilleur pour la fin, une politique que je salue — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Le 35 ? L’âge de raison des grandes entreprises : à ce stade, on ne mise plus, on récolte — je l’ai intégré en connaissance de cause.
Entre mes numéros, le 48 tient le rôle d’équilibriste — Deux douzaines de destin : le grossiste confirme, l’ascenseur monte chargé.
Et les étoiles, évidemment : l’étoile 4, le phare des voyageurs : elle éclaire ma route de chèque l’étoile 10, la ronde des dix : elles tournent, elles finissent toujours par tomber.
Je prépare mes discours de gagnant par tirage. Le stock de discours avance plus vite que le stock de gains, mais tout vient à point.
Résumé officiel du vendredi 9 décembre 2005 : 4 - 16 - 31 - 35 - 48, étoiles 4 - 10. Le reste n’est que commentaire, et le commentaire est ci-dessus.
Jean Suissur, président autoproclamé du club des presque
Texte authentique d’un faux pronostiqueur. Les résultats, eux, sont vrais — et sans pitié.