Chères têtes brûlées du loto,
J’ai arrêté de me justifier le jour où ma grille a eu plus de fans que leurs arguments.
Ma grille du vendredi 23 septembre 2005 est arrêtée, scellée, datée : 3 - 5 - 7 - 19 - 45, étoiles 2 - 4.
Question ciel, j’ai mes étoiles : l’étoile 2, la garde rapprochée du ciel : deux dehors, zéro dedans l’étoile 4, la table dressée du ciel : quatre pieds, service compris.
Le 3 rejoint la numérologie du jour : la date du vendredi 23 septembre 2005 se réduit en 3, et le 3, la créativité au sommet de sa forme — la mienne n’a jamais été au fond. Une boule qui parle la langue du jour, on ne la refuse pas.
Les cinq boules de la pétanque du destin : je tire au fer, je pointe au chêne. Et c’est un vendredi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
Automne : Les sept péchés des autres : la paresse, surtout, qui laisse la place. La saison appelle le 7, je n’ai fait qu’exécuter.
Le ciel du vendredi 23 septembre 2005 place le Balance en ascendant de mes affaires — La page où commence le bon chapitre : les dix-huit premières préparaient, celui-ci encaisse. Le 19 traduit.
Le 45 ne joue pas seul — La clef du grand garage des machines bien réglées : tout roule, tout rentre, tout rapporte — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
Mon imprimeur a eu une panne 5 fois ce mois-ci. Les pannes ciblent les initiés.
Mon café a formé un rond à la surface : j’y ai vu un 5. Je n’ai pas bu le message, j’ai encadré la tasse.
Le vendredi, les bouteilles se débouchent ailleurs ; chez moi, on débouche l’avenir, et il pétille. En automne, les signes sont plus épais : brume le matin, chèque le soir. Septembre, l’équinoxe remet les pendules : les pendules me donnent raison.
Le jackpot et moi avons un accord de principe. Il applique, c’est tout.
Résumé officiel du vendredi 23 septembre 2005 : 3 - 5 - 7 - 19 - 45, étoiles 2 - 4. Le reste n’est que commentaire, et le commentaire est ci-dessus.
Dans le bruit des boules, une voix : la mienne, Jean Suissur, l’homme qui rend le destin ponctuel
Jean écrit seul, la nuit. Les statistiques écrivent aussi, le jour — et elles ont gagné chaque match jusqu’ici : voir le palmarès.