Cher confrère du dimanche,
Il y a deux catégories de joueurs : ceux qui ont lu mon édito, et ceux qui sont en retard dans leur vie.
Mon feuilleton a fini à 23 % d’audience hier soir. Les chaînes ne publient pas ce genre de signe pour décorer.
Sélection figée du vendredi 23 juillet 2004 : 7 - 23 - 39 - 44 - 45 et étoiles 3 - 4. Les hésitations ont été congédiées.
Le 7 était prévisible dès 2004 : Le septième étage sans ascenseur : je monte en chantant, les voisins s’inquiètent. Tout est dans mes carnets, carnet après carnet.
Le clap de fin des grands tournages : le réalisateur hurle que c’est bon, la salle se lève, moi je reste pour l’encaissement. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
Le rang du vin des grandes années dans la cave du destin : on ne le boit pas, on le montre aux sceptiques — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
En ce vendredi, le 44 avait l’allure d’un favori qui connaît le public.
La date du vendredi 23 juillet 2004 se réduit en 9, et le 9, les neuf vies du chat du destin : il les a toutes converties en avoirs, au nom de son client préféré : le 45 n’a pas eu besoin d’en dire plus pour décrocher sa place.
Le vendredi, l’ambiance monte d’un cran : mes numéros aussi, ils sont partis du bas de la liste, ils visent le haut. En été, les volets clos gardent les grilles au frais : le destin préfère les numéros tempérés.
Les étoiles m’accompagnent : l’étoile 3, la ceinture de l’Orion en miniature : alignée, nette, sérieuse l’étoile 4, la chance en carré parfait : quatre pointes, quatre victoires.
Je prépare déjà la liste des gens que je rembourserai. La liste est courte : c’est ça, la réussite sociale.
Fiche du vendredi 23 juillet : 7 - 23 - 39 - 44 - 45 et étoiles 3 - 4. Pas de ratures, pas de regret, pas de doute.
Dans le bruit des boules, une voix : la mienne, Jean Suissur, expert en imminences récurrentes
Jean Suissur est membre de l’équipe. Le reste de l’équipe le plaint, le palmarès le note, l’avenir l’attend.