À tous ceux qui m’ont dit « Jean, c’est impossible » :
On me dit « trop sûr de moi ». Je dis qu’ils ne le sont pas assez, et que ça se voit à leurs gains respectifs.
Grille officielle du lundi 21 mars 2011, consignée devant témoin : 16 - 19 - 23 - 31 - 40, n° Chance 8.
Le n° Chance m’a choisi, en quelque sorte : le 8, la chance du huit de billard : noire, la dernière mais pas la moindre, empochée.
Dans ma grille figure le 16. Le seize fois seize du carré magique : magique, je dis, magique, et c’est peu de le dire.
Le 19 ne joue pas seul — Le vestiaire du grand stade du destin : mon maillot y attend, brodé du nom du prochain gagnant — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
Le clap de fin des grands tournages : le réalisateur hurle que c’est bon, la salle se lève, moi je reste pour l’encaissement. L’année 2011 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
Sous Bélier, le 31 a le vent astral derrière lui — La fin du mois qui ouvre la suite : chez moi, les fins sont des débuts. Je n’invente rien, je rapporte.
En ce lundi, le 40 avait l’allure d’un favori qui connaît le public.
Le journal local a publié 16 mots sur les tirages. J’ai compté les mots : c’est un manuel.
J’ai reçu 5 prospectus identiques le même jour. Le destin fait du publipostage quand il est pressé.
Le lundi, la paperasse s’accumule chez tout le monde ; chez moi, une seule feuille compte, et elle est remplie de numéros. Au printemps, les sucres se réveillent dans la nature : le destin a une dent sucrée, il viendra. Mars, l’équinoxe s’approche : l’équilibre penche, il penche bien.
Les grands hommes ont des statues. Moi j’aurai un chèque et une citation. Le chèque d’abord.
Ce que je joue au lundi 21 mars 2011 tient en une phrase : 16 - 19 - 23 - 31 - 40, et n° Chance 8 pour tenir ma main.
Jean Suissur, premier de la grille au finish
L’équipe tient à préciser que le hasard de Jean est pur. Sa modestie, elle, a fondu pendant la canicule.