À mes futurs biographes : le plus dur reste à raconter,
On m’appelle « le Corsaire du jackpot » dans certains cercles. Dans d’autres cercles, on m’appelle. Les cercles varient, l’issue non.
Le lave-linge a fait sa lessive à 11 degrés sans qu’on touche au bouton. Les machines savent à qui elles parlent.
Au samedi 18 septembre 2010, je présente fièrement : 11 - 13 - 29 - 32 - 39, n° Chance 9. La fierté est un carburant homologué.
La date du samedi 18 septembre 2010 se réduit en 3, et le 3, la communication : les chiffres me parlent, je réponds par virement : le 11 n’a pas eu besoin d’en dire plus pour décrocher sa place.
L’Ange du destin qui se cache derrière la superstition : il attend que vous partiez pour travailler — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Le samedi porte la signature du 29 : La patience du calendrier grégorien mise au service de ma patience personnelle. Le calendrier approuve, je coche.
Automne : Le rang de la pièce rare dans le tri du destin : les autres font la monnaie, celui-là porte la fortune. La saison appelle le 32, je n’ai fait qu’exécuter.
Sous Vierge, le 39 a le vent astral derrière lui — Le siège du coin du feu dans la salle des vainqueurs : réservé à ceux qui durent, je suis installé. Je n’invente rien, je rapporte.
Le samedi, la liberté a un visage : il ressemble à ma grille. L’automne, les grappes pèsent, les jackpots pèsent aussi : je pèse les deux, par professionnalisme.
Question n° Chance, Jean a un avis tranché : le 9, la chance de la fin de partie : elle entre quand tout le monde a misé.
La somme de ma grille fait 124, soit une racine de 7 — le septième sens du pronostiqueur abouti : il ne s’invente pas, il s’entretient, moi je lui passe de l’huile. Le total est signé.
Le premier euro du jackpot m’appelle déjà. Je ne décroche pas, par principe : on ne décroche pas devant le destin.
Résumé officiel du samedi 18 septembre 2010 : 11 - 13 - 29 - 32 - 39, n° Chance 9. Le reste n’est que commentaire, et le commentaire est ci-dessus.
En attendant la une des journaux, Jean Suissur, dont le seul défaut est une humilité débordante
Édito publié tel quel. Jean Suissur, membre de l’équipe, n’a statistiquement jamais raison — et il ne désespère jamais.