Mes hommages aux curieux, mon indifférence aux ironistes,
Le doute coûte cher en énergie. Je fais des économies remarquables depuis toujours.
Le lundi, les autres reposent encore ; le destin, lui, adore les lève-tôt. En été, les melons se choisissent à l’odeur : ma grille se choisit à l’aura.
J’ai reçu un appel en absence à 7 h 32, d’un numéro à 28 au milieu. On ne rappelle pas le destin : il insistera.
Au lundi 23 août 2010 : 4 - 12 - 22 - 28 - 41, n° Chance 3. Je précise que l’ordre de lecture est un ordre de marche.
Le 4 ne joue pas seul — Le quatuor à cordes du destin : premier violon, moi — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
En ce lundi, le 12 avait l’allure d’un favori qui connaît le public.
Les deux rames du grand métro du destin : l’une me mène au guichet, l’autre me ramène à la banque. Les cultureux hocheront la tête ; les gagnants, eux, cocheront.
Été : Les quatre semaines du lancement : semaine une, préparation; semaine deux, confirmation; semaine trois, exécution; semaine quatre, chèque. La saison appelle le 28, je n’ai fait qu’exécuter.
La date du lundi 23 août 2010 se réduit en 7, et le 7, la planète sept de quelque système lointain : ses habitants observent mes grilles, ils n’ont rien à redire : le 41 n’a pas eu besoin d’en dire plus pour décrocher sa place.
Le n° Chance m’a choisi, en quelque sorte : le 3, la chance des trois vœux : le génie me connaît par mon prénom.
La chance sourit aux audacieux, dit-on. Moi elle m’a laissé son numéro de téléphone, on se parle souvent.
Au total : 4 - 12 - 22 - 28 - 41 et n° Chance 3. Je signe cette grille comme on signe une évidence.
Jean Suissur, à contre-courant des courbes — par goût
Nous déclinons toute responsabilité dans les convictions de Jean. Elles sont non transférables.