Cher fin connaisseur de rien, bienvenue chez l’expert,
Mon voisin Gérard joue les dates de naissance depuis quinze ans et s’étonne de ne rien gagner. Moi je joue mes vibrations. La différence, c’est que je ne m’étonne jamais.
Grille du mardi 29 mars 2016, dictée par une voix intérieure très organisée : 2 - 4 - 7 - 21 - 37, étoiles 7 - 8.
En ce mardi, le 2 avait l’allure d’un favori qui connaît le public.
Le chiffre des points cardinaux : toutes les routes mènent à ma grille. Au printemps, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
En 2016, les numéros comme le 7 ont le vent en poupe — La chance des chanceux les plus chanceux : je suis en haut de cette pyramide, avec un drapeau — et je ne fais que suivre le vent.
Dans ma grille figure le 21. L’âge légal de la victoire assumée dans certains États — chez moi, dès la naissance, et c’est peu de le dire.
Entre mes numéros, le 37 tient le rôle d’équilibriste — La température du thé du vainqueur : servi à point, jamais retourné.
Le mardi, les lames s’aiguisent ailleurs ; la mienne est une pointe de stylo, et elle signera. Au printemps, les bourgeons osent : moi aussi, depuis longtemps.
Les étoiles ne se choisissent pas : elles m’élisent. l’étoile 7, la merveille de la rue : elle éclaire mon chemin de guichet l’étoile 8, la superposition des richesses : deux infinis empilés, calfeutrés.
Mon ticket de parcmètre expire à 10 h 49. J’habite à 3 minutes. Le surplus est un cadeau.
J’ai reçu un appel en absence à 11 h 20, d’un numéro à 4 au milieu. On ne rappelle pas le destin : il insistera.
Les gens parlent de « chance sur des millions ». Moi je parle de rendez-vous. Le rendez-vous est fixé, ils n’ont qu’à venir.
Ce que je joue au mardi 29 mars 2016 tient en une phrase : 2 - 4 - 7 - 21 - 37, et étoiles 7 - 8 pour tenir ma main.
Jean Suissur, l’homme qui compte les boules avant l’ouverture
Jean est notre contrôleur qualité du hasard : rien ne passe sans lui, rien ne sort à cause de lui.