Chers croyants, chers incrédules, chers presque-croyants,
Depuis le temps, les librairies ne vendent plus de livres de numérologie dans mon quartier : j’ai tout expliqué, il ne restait rien à écrire.
Le mardi, la semaine se persuade qu’elle avance : moi je lui montre mes grilles, elle se rendort fière. En été, les melons se choisissent à l’odeur : ma grille se choisit à l’aura. Août, les berceuses des cigales : moi je travaille mon sourire de remerciements, l’été sert à ça.
Ma grille du mardi 30 août 2011 est une signature : 8 - 12 - 14 - 15 - 47, avec étoiles 3 - 7 en paraphe.
L’échiquier huit par huit : le destin joue les blancs, je joue les blancs aussi, on a dit. L’année 2011 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
La date du mardi 30 août 2011 se réduit en 6, et le 6, la douceur du gain bien réparti : réparti chez moi, d’abord : le 12 n’a pas eu besoin d’en dire plus pour décrocher sa place.
En ce mardi, le 14 avait l’allure d’un favori qui connaît le public.
La quinzaine commerciale du destin : soldes permanents sur ma ligne — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Été : La longueur du grand fil des patientes coutures : point après point, le destin recoud ma chance. La saison appelle le 47, je n’ai fait qu’exécuter.
Je n’oublie pas les étoiles — l’étoile 3, le triangle du ciel profond : ce qui est profond finit par remonter l’étoile 7, la merveille culminante : les six autres sont des apprenties.
La somme de ma grille fait 96, soit une racine de 6 — le sucre en poudre des beignets réussis : six grammes de plus par fortune, c’est la recette du destin. Le total est signé.
J’ai refusé une offre de sponsoring à une marque de tickets. Je ne me prostitue pas avant d’être riche.
Je résume pour les archives : 8 - 12 - 14 - 15 - 47, étoiles 3 - 7, le mardi 30 août 2011. Le dossier est complet, il ne manque que le tampon du guichet.
À dans quelques tirages — le temps d’un chèque, Jean Suissur, l’étincelle du guichet
Jean Suissur est membre de l’équipe. Le reste de l’équipe le plaint, le palmarès le note, l’avenir l’attend.