Chers passants, chers convaincus, chers presque-convaincus,
La modestie est une qualité de gens qui n’ont pas mes informations.
Pour le vendredi 30 août 2013, voici mon état-major : 10 - 26 - 42 - 43 - 49, étoiles 2 - 7.
Été : Les dix ans d’avance que j’ai sur les pronostiqueurs (je mentais avant eux). La saison appelle le 10, je n’ai fait qu’exécuter.
La date du vendredi 30 août 2013 se réduit en 8, et le 8, le pouvoir : celui de ne plus regarder les prix de droite : le 26 n’a pas eu besoin d’en dire plus pour décrocher sa place.
Entre mes numéros, le 42 tient le rôle d’équilibriste — La réponse à la grande question sur la vie, l’univers et le reste : la question était « qui va gagner ? ».
Parlons du 43. L’anonymat des gagnants discrets : catégorie que je quitterai à contrecœur.
Le vendredi porte la signature du 49 : La borne du grand chemin de la dernière étape : les cartographes l’ont marquée, je la franchis. Le calendrier approuve, je coche.
Question ciel, j’ai mes étoiles : l’étoile 2, la garde rapprochée du ciel : deux dehors, zéro dedans l’étoile 7, la rouge du firmament : rouge comme le tampon du banquier.
Le vendredi, les mots de fin de semaine fusent : le mien est un mot de passe, celui du coffre. En été, la sieste est sacrée : le destin s’y repose, je m’y prépare. Août, le mois où tout le monde respire : moi je retiens mon souffle par stratégie.
J’ai additionné mes numéros : 170. Réduction : 8 — les huit tours de piste du cheval de course du destin : il gagne au huitième, il connaît la musique. Les calculs simples sont les seuls qui réussissent.
Le four à pain de la boulangerie affichait 42 degrés de trop. Le boulanger s’en fichait ; moi pas.
Quand je gagnerai, je ne changerai pas de vie. Je la ferai signer.
Bilan du vendredi 30 août 2013 : cinq numéros, deux étoiles, et la certitude tranquille de celui qui ne revient jamais sur ses cases.
Jean Suissur, à contre-courant des courbes — par goût
Cet éditorial est un exercice de style. Les statistiques, elles, ne font pas d’exercices : elles gagnent.