Mes salutations aux doux rêveurs et mon mépris aux râleurs,
Tout le monde veut la formule magique. La formule, c’est moi. La magie, c’est le chèque à venir.
Ma grille pour le tirage du vendredi 3 juin 2011 est posée : 7 - 8 - 10 - 21 - 42, avec étoiles 10 - 12 en guide.
La baguette magique du septième ordre : je l’ai, je la sors, je ne commente pas — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Entre mes numéros, le 8 tient le rôle d’équilibriste — L’échiquier huit par huit : le destin joue les blancs, je joue les blancs aussi, on a dit.
Le 10 ? La marche des géants : mes pas sont comptés, ils sont grands — je l’ai intégré en connaissance de cause.
Le dernier wagon du train d’or : celui qui le garde jusqu’au terminus signe, j’ai signé. En été, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
En 2011, les numéros comme le 42 ont le vent en poupe — La longueur du tapis du grand hall de la victoire : quarante-deux pas, et le caissier me tend la main — et je ne fais que suivre le vent.
Et les étoiles, évidemment : l’étoile 10, la ronde des dix : elles tournent, elles finissent toujours par tomber l’étoile 12, le zodiaque en miniature : tous les signes me donnent leur accord.
Le vendredi, Vénus distribue ses deux faveurs : l’amour et l’argent ; je suis servi deux fois, et jamais à moitié. En été, les mains bronzent et les grilles mûrissent : le tout, avec patience.
J’ai additionné mes numéros : 88. Réduction : 7 — le septième étage avec ascenseur : l’ascenseur s’appelle « chance », et il ne connaît pas la panne. Les calculs simples sont les seuls qui réussissent.
La caissière du downstairs m’a souri 9 fois. Une fois, c’est poli. 9 fois, c’est un télégramme.
Sur 2 messages indésirables reçus ce matin, un seul parlait de « richesse ». Les spams, au moins, ont le sens de l’orientation.
Le premier euro du jackpot m’appelle déjà. Je ne décroche pas, par principe : on ne décroche pas devant le destin.
Récapitulons : vendredi 3 juin 2011, vendredi, ma grille 7 - 8 - 10 - 21 - 42 et étoiles 10 - 12. Ce qui devait converger converge, ce qui devait sortir sortira.
Jean Suissur, pensionnaire du sommet, en attente d’escalier
Le lecteur averti aura compris. Le lecteur Jean Suissur n’a encore rien compris, et c’est ce qu’on aime chez lui.