Aux optimistes, aux pessimistes, et à moi,
Une vie sans certitudes n’est pas une vie : c’est une feuille de calcul.
Le vendredi, jour de Vénus : beauté du geste, beauté du chèque. Au printemps, les abeilles préparent le miel : je prépare le mien, en plus liquide.
J’ai déposé ma sélection du vendredi 25 mars 2011 : 11 - 12 - 14 - 32 - 36, étoiles 1 - 4. Dépôt irrecevable en cas de contestation statistique.
J’ai choisi le 11 parce que la date du vendredi 25 mars 2011 se réduit en 5, et le 5, les cinq doigts du gagnant : il compte dessus, littéralement. Le 11 est cet esprit incarné.
Le 12 était prévisible dès 2011 : La douzaine d’huîtres que le destin m’offre : frais, citronné, plein de perles. Tout est dans mes carnets, carnet après carnet.
Dans ma grille figure le 14. La tendresse du tarot et le sérieux des banques : les deux côtés de ma personnalité bancaire, et c’est peu de le dire.
Le vendredi porte la signature du 32 : Le jeu de belote au complet : trente-deux cartes, l’atout tombe toujours du côté de ma grille. Le calendrier approuve, je coche.
Le tour de manège que le destin adore : il tourne depuis toujours, jamais malade, jamais en retard. Au printemps, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
J’ai flairé les étoiles de loin : l’étoile 1, le sommet de la pointe : on ne monte pas plus haut l’étoile 4, la chance en carré parfait : quatre pointes, quatre victoires.
Ma destinée a un numéro de suivi. Il est en transit depuis des années — le destin livre au moment opportun, parfois en plusieurs colis.
Ce que je joue au vendredi 25 mars 2011 tient en une phrase : 11 - 12 - 14 - 32 - 36, et étoiles 1 - 4 pour tenir ma main.
L’avenir m’appelle, je rappellerai, Jean Suissur, gagnant en attente d’être, mais déjà célébré
Jean est notre groupe témoin : ce qu’il perd prouve ce que les autres méthodes ne gagnent pas.