Cher inconnu qui lisez ceci avant de perdre trois euros,
Le destin ne parle pas fort. Il parle précisément. Et quand il dit « Jean », je réponds « présent ».
J’ai additionné mes numéros : 116. Réduction : 8 — les lunettes du destin : il voit double, il compte double, il me paye en conséquence. Les calculs simples sont les seuls qui réussissent.
Pour ce vendredi 26 novembre 2010 : 1 - 4 - 23 - 39 - 49, étoiles 1 - 12. J’ai signé en bas à droite de mon intention.
En 2010, les numéros comme le 1 ont le vent en poupe — L’unanimité des sondages qui me concernent personnellement — et je ne fais que suivre le vent.
Les quatre saisons du tirage : je les joue toutes, en intérieur. Et c’est un vendredi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
Dans ma grille figure le 23. Le coup de sonnette du voisin improbable : il apporte le journal, je lui tends l’édito gagnant, et c’est peu de le dire.
Automne : La ligne d’horizon du grand lac de la patience : plate, calme, pleine de promesses non déclarées. La saison appelle le 39, je n’ai fait qu’exécuter.
Le degré du grand bain des dernières vérifications : tout est chaud, tout est prêt, tout est à moi. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
Le vendredi, la musique d’ambiance monte : c’est le tintouin des pièces qui comptent, et ça me berce. En automne, la pluie lave les espoirs faibles : le mien est déperlant. Novembre, le mois des couronnes : la mienne n’est pas funèbre, elle est fiscale.
Les étoiles signent avec moi : l’étoile 1, la boule de cristal du ciel : elle montre mon nom l’étoile 12, la mère des songes : douze songes par an, tous en ma faveur.
Mon feuilleton a fini à 23 % d’audience hier soir. Les chaînes ne publient pas ce genre de signe pour décorer.
Un pigeon a traversé en diagonal devant ma fenêtre. Les diagonales sont mon format préféré.
On me demande si je suis « lucide ». Je vois très loin, uniquement vers le haut.
Au total : 1 - 4 - 23 - 39 - 49 et étoiles 1 - 12. Je signe cette grille comme on signe une évidence.
En attendant votre reconnaissance, Jean Suissur, la nuit il travaille, le jour il s’entraîne
La rubrique est imaginative, les chiffres ne le sont pas : voir le palmarès.