Aux âmes bien nées du hasard, c’est-à-dire rares,
On dit de moi que je suis « trop sûr ». Les sondages sont formels : c’est mon unique défaut publié.
Le vendredi, Vénus relit mes grilles avant de sortir : elle n’a rien à redire, elle qui est si difficile. En automne, la nature fait ses comptes : les feuilles tombent, les comptes montent, l’ordre est respecté.
Mon bulletin du vendredi 24 septembre 2004 : 8 - 10 - 11 - 21 - 40, étoiles 6 - 8. On ne déchire pas une œuvre, on l’encadre.
Le 8 était prévisible dès 2004 : L’infini levé à la verticale par le destin : il tient, il dure, il est chez moi. Tout est dans mes carnets, carnet après carnet.
Le 10 ? La note parfaite scellée par le destin en marge de ma grille — je l’ai intégré en connaissance de cause.
Les onze joueurs du terrain du hasard : capitaine désigné, il me ressemble. En automne, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
Nous sommes sous le signe Balance, et le 21 en est le porte-parole céleste — La seconde d’avance au photo-finish de la victoire : le peloton des autres est déjà derrière.
La plénitude des Anciens et la limite de vitesse de nos routes : le juste milieu, qui gagne toujours — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Les étoiles signent avec moi : l’étoile 6, le halo de la lune quand il annonce quelque chose : là, ça annonce l’étoile 8, l’huitième merveille réservée : droits d’entrée payés par mon ambition.
90. Réduit à 9 : le chiffre le plus haut des unités : tout ce qui dépasse retombe en dizaines, et les dizaines, ça m’arrange. Je n’invente pas les règles, je les lis.
La chance sourit aux audacieux, dit-on. Moi elle m’a laissé son numéro de téléphone, on se parle souvent.
Fiche du vendredi 24 septembre : 8 - 10 - 11 - 21 - 40 et étoiles 6 - 8. Pas de ratures, pas de regret, pas de doute.
En attendant votre reconnaissance, Jean Suissur, consultant en imminence de richesse
Nous publions Jean Suissur pour la science. La science n’a pas encore donné son avis.