À mes futurs biographes : le plus dur reste à raconter,
Les gens rangent leur vie dans des dossiers. Moi je range mes certitudes : elles prennent une armoire.
Le mardi, quand la semaine prend racine : les racines de Jean sont profondes et numérotées. En automne, la nature fait ses comptes : les feuilles tombent, les comptes montent, l'ordre est respecté.
Hier, mon ticket de caisse s'est arrêté à 16 euros. J'ai encadré le ticket, évidemment.
Le mardi 4 novembre 2014, je présente au tirage la composition suivante : 8 - 9 - 16 - 17 - 33 et étoiles 3 - 9. Ils sont préparés.
Sous Scorpion, le 8 a le vent astral derrière lui — Le sablier couché : le temps qui s'enrichit, littéralement. Je n'invente rien, je rapporte.
Le neuf de la boule de billard du destin : jaune rayé, décisive, plutôt de ma couleur. Et c'est un mardi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
La seizième bouche du métro du gain : je connais les horaires. L'année 2014 confirme la tendance, c'est consigné dans mes archives.
Le 17 rejoint la numérologie du jour : la date du mardi 4 novembre 2014 se réduit en 4, et le 4, le carré du roi sur l'échiquier : il avance d'une case à la fois, mais toujours vers ma maison. Une boule qui parle la langue du jour, on ne la refuse pas.
Maître numéro de l'enseignement : il apprendra au tirage ce que « sortir » veut dire. Les cultureux hocheront la tête ; les gagnants, eux, cocheront.
Côté ciel, les étoiles valident : l'étoile 3, le triangle du ciel profond : ce qui est profond finit par remonter l'étoile 9, la fin de la série : celles qui sortent en dernier gagnent en premier.
Un jour, mes grilles seront vendues aux enchères comme manuscrits. Ce jour-là, pensez à enchérir tôt.
Ce que je joue au mardi 4 novembre 2014 tient en une phrase : 8 - 9 - 16 - 17 - 33, et étoiles 3 - 9 pour tenir ma main.
Jean Suissur, la chance l'appelle « patron »
Signé par Jean Suissur, relu par personne, contredit par les faits.