Cher confrère en attente de preuve : la preuve arrive par camion,
Certaines personnes méditent. D'autres prient. Moi, je reçois des numéros — avec régularité, et sans rendez-vous.
Mon horoscope du journal disait « journée ordinaire ». Preuve par l'absurde que c'est tout sauf ordinaire.
Grille consignée au vendredi 2 avril 2010, sous les auspices du vendredi : 7 - 27 - 43 - 45 - 48, plus étoiles 7 - 10.
Nous sommes sous le signe Bélier, et le 7 en est le porte-parole céleste — Le septième art du tirage : casting finalisé, je joue le principal.
Le club des 27 — dont on dit ce qu'on veut ; moi je dis qu'il se modernise et accueille des gens heureux. Les cultureux hocheront la tête ; les gagnants, eux, cocheront.
Dans ma grille figure le 43. L'anonymat des gagnants discrets : catégorie que je quitterai à contrecœur, et c'est peu de le dire.
Le 45 rejoint la numérologie du jour : la date du vendredi 2 avril 2010 se réduit en 9, et le 9, le château à neuf tourelles de mes rêves : les plans sont prêts, le destin a signé le permis de construire. Une boule qui parle la langue du jour, on ne la refuse pas.
La quarante-huitième avenue de ma fortune : avenue pavée de billets, sans gravillons. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
Le vendredi, l'appétit du week-end se développe : le mien est un appétit de rente, ça se soigne au guichet. Au printemps, les bourgeons osent : moi aussi, depuis longtemps.
Côté ciel, les étoiles valident : l'étoile 7, la seven du destin anglophone : ils la veulent, elle me veut l'étoile 10, la boucle bouclée : le ciel commence, le ciel finit, je passe au milieu.
J'ai additionné mes numéros : 170. Réduction : 8 — l'infini dressé : la richesse verticale, celle qui tombe dans la poche. Les calculs simples sont les seuls qui réussissent.
Le jackpot a un gagnant et un perdant : le gagnant, et son ancien voisin de palier.
Je résume pour les archives : 7 - 27 - 43 - 45 - 48, étoiles 7 - 10, le vendredi 2 avril 2010. Le dossier est complet, il ne manque que le tampon du guichet.
Sûr de sûr, Jean Suissur, en licence d'immortalité
Jean dicte, l'algorithme obéit, les probabilités bâillent — et le palmarès note tout.