À ceux qui comptent les tours de roue du destin : il tourne chez moi,
Chaque tirage me déçoit un peu : le hasard fait de son mieux, on ne va pas se plaindre de son employé.
Le mercredi, la semaine balance : elle penche déjà du côté de mon portefeuille. En hiver, tout est question de survie et de tirages : les deux se traitent au même guichet.
Le distributeur m’a rendu 37 euros de trop. J’ai rendu la monnaie ; les signes, eux, je les garde.
Ma grille du mercredi 16 décembre 2020 est une signature : 1 - 18 - 22 - 37 - 42, avec n° Chance 6 en paraphe.
En 2020, les numéros comme le 1 ont le vent en poupe — L’unanimité des sondages qui me concernent personnellement — et je ne fais que suivre le vent.
Le ciel du mercredi 16 décembre 2020 place le Sagittaire en ascendant de mes affaires — La majorité de ma patience : elle est majeure, elle vote, elle vote pour moi. Le 18 traduit.
Entre mes numéros, le 22 tient le rôle d’équilibriste — La paire de mains qui servent le café du destin : l’une tient la tasse, l’autre me tend la note, honorée en billets.
Le numéro de la case du parking du destin : toujours libre, toujours pour moi, garantie par convention — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Hiver : La longueur du couloir de la gloire discrète : quarante-deux pas, aucun photographe, tout le portefeuille. La saison appelle le 42, je n’ai fait qu’exécuter.
Le n° Chance verrouille le tout : le 6, la chance du dé honnête : elle finit toujours par sortir du cornet.
Je n’ai pas de porte-bonheur : je suis autonome. Mais j’ai un porte-clés, au cas où le destin veut rentrer.
Ce que je joue au mercredi 16 décembre 2020 tient en une phrase : 1 - 18 - 22 - 37 - 42, et n° Chance 6 pour tenir ma main.
Jean Suissur, l’homme qui compte les boules avant l’ouverture
Publié en toute bonne foi, et en total désaccord avec les mathématiques.