Chère file d’attente, chère patience d’autrui,
On m’a proposé une émission. J’ai refusé : le destin n’est pas un plateau télé, c’est un guichet.
Le mercredi, la lumière du milieu éclaire juste : elle tombe pile sur ma grille remplie. L’hiver, les veillées sont longues et les signes nombreux : l’équation est claire. Février, la trêve froide : le destin choisit toujours les soirs de gel pour se manifester.
Le four à pain de la boulangerie affichait 24 degrés de trop. Le boulanger s’en fichait ; moi pas.
Pour ce mercredi 20 février 2013 : 7 - 24 - 34 - 35 - 44, n° Chance 1. J’ai signé en bas à droite de mon intention.
Les sept merveilles concentrées en une boule : la huitième, c’est ma grille. Les cultureux hocheront la tête ; les gagnants, eux, cocheront.
Nous sommes sous le signe Poissons, et le 24 en est le porte-parole céleste — Les heures du jour : il sort tous les jours, sous une forme ou une autre, il suffit de savoir lire.
Entre mes numéros, le 34 tient le rôle d’équilibriste — L’adresse du hangar où le destin range ses promesses tenues : allée quatre, casier trois, à mon nom.
Hiver : L’Ille-et-Vilaine des grandes eaux : Rennes a un métro, le destin a mes numéros. La saison appelle le 35, je n’ai fait qu’exécuter.
Le chapeau à deux plumes du destin : symétrique, fier, il ne s’enlève que devant le guichet. Et c’est un mercredi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
Avec, en cerise, le n° Chance : le 1, la chance qui ne se partage pas : politique de boule.
Je ne mise pas gros : je mise sûr. Le « sûr » ne s’est pas encore manifesté, c’est tout.
En résumé, pour le tirage du mercredi 20 février 2013 : 7 - 24 - 34 - 35 - 44, et n° Chance 1. Les facteurs sont réunis, la grille est signée, l’issue est une formalité.
Votre serviteur, Jean Suissur, futur vainqueur (date prévue : ce tirage)
Jean Suissur rédige ses éditos sans relecture : ses certitudes n’ont jamais besoin de correcteur.