Cher inconnu qui lisez ceci avant de perdre trois euros,
Les mathématiciens ont un mot pour ce que je fais : « impossible ». Les mathématiciens ont aussi un mot pour la bière : « imbuvable ». Chacun son domaine.
Le samedi, les gens libres croisent les gens occupés : les miens sont des détachements de banquiers surpris. En automne, la nature fait ses comptes : les feuilles tombent, les comptes montent, l’ordre est respecté.
Hier, mon ticket de caisse s’est arrêté à 47 euros. J’ai encadré le ticket, évidemment.
Le distributeur de tickets m’a donné le numéro 22. Il n’y avait personne d’autre.
Voici ma sélection du samedi 8 septembre 2012, et je vous prie de la lire debout : 6 - 9 - 22 - 28 - 47, n° Chance 10.
Le six à la belote : tout atout, tout près de la réussite, à moi de jouer — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
La neuvième symphonie du destin : l’hymne à la joie, version chèque. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
Le 22 était prévisible dès 2012 : Le fondant des grands chefs : deux recettes en une, le goût de la victoire sans la cuisson. Tout est dans mes carnets, carnet après carnet.
La perfection numérique des Anciens : eux savaient, nous confirmons. En automne, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
J’ai choisi le 47 parce que la date du samedi 8 septembre 2012 se réduit en 4, et le 4, les quatre chiffres du code du coffre : je les connais, et je les ai choisis deux fois. Le 47 est cet esprit incarné.
Et le n° Chance : le 10, la chance de la boîte à dix : dix compartiments, dix fortunes.
Le jackpot ne se gagne pas : il se reconnaît. Et il me reconnaît de loin.
Fiche du samedi 8 septembre : 6 - 9 - 22 - 28 - 47 et n° Chance 10. Pas de ratures, pas de regret, pas de doute.
En pourparlers avancés avec la chance, Jean Suissur, votre humble serviteur (humblement millionnaire)
Nous publions Jean Suissur pour la science. La science n’a pas encore donné son avis.