Cher joueur, chère joueuse, cher contre-exemple ambulant,
Un statisticien a calculé mes chances sur vingt ans. Il a trouvé zéro et il a eu peur de son propre calcul. Je comprends.
Au lundi 13 février 2012, je présente fièrement : 32 - 33 - 37 - 43 - 46, n° Chance 4. La fierté est un carburant homologué.
Nous sommes sous le signe Verseau, et le 32 en est le porte-parole céleste — Les trente-deuxièmes de finale du destin : tirage au sort, qualification acquise d’avance.
L’âge de raison des boules : à partir de celui-là, elles sortent par devoir. En hiver, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
Le degré du soleil des après-midis de patience : il chauffe juste ce qu’il faut pour mûrir la fortune — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Le 43 rejoint la numérologie du jour : la date du lundi 13 février 2012 se réduit en 2, et le 2, le bail signé en deux exemplaires : un pour moi, un pour la postérité. Une boule qui parle la langue du jour, on ne la refuse pas.
Le carnet de la chance relié cuir : quarante-six pages, toutes remplies de grilles gagnantes. Et c’est un lundi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
Je fais toujours la somme de la date. Le lundi 13 février 2012 donne 2, et 2 signifie ceci : le bail signé en deux exemplaires : un pour moi, un pour la postérité. Je n’invente rien.
Le lundi, la lune favorite des nouveaux départs : le mien date d’un lundi, et il est toujours en vigueur. L’hiver, les veillées sont longues et les signes nombreux : l’équation est claire.
J’ajoute le n° Chance — le 4, la chance carrée du destin : angle droit, gain droit.
J’ai reçu 8 prospectus identiques le même jour. Le destin fait du publipostage quand il est pressé.
Le premier euro du jackpot m’appelle déjà. Je ne décroche pas, par principe : on ne décroche pas devant le destin.
Je résume pour les archives : 32 - 33 - 37 - 43 - 46, n° Chance 4, le lundi 13 février 2012. Le dossier est complet, il ne manque que le tampon du guichet.
Jean Suissur, le porte-monnaie de l’avenir s’appelle déjà
On aime Jean au bureau. Les graphiques, moins.