Bonjour aux poètes du pavé et aux comptables des étoiles,
Certaines personnes méditent. D’autres prient. Moi, je reçois des numéros — avec régularité, et sans rendez-vous.
Grille officielle du samedi 14 août 2010, consignée devant témoin : 14 - 21 - 29 - 32 - 43, n° Chance 5.
Le baiser du destin sur le front des élus. Les cultureux hocheront la tête ; les gagnants, eux, cocheront.
La page du calendrier qui tombe un jour de tirage : cochée à l’encre, encadrée au feutre. L’année 2010 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
Le 29 ne joue pas seul — La boule des prolongations : le temps supplémentaire existe pour les buts décisifs — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
Le 32 rejoint la numérologie du jour : la date du samedi 14 août 2010 se réduit en 7, et le 7, le mystère élucidé chaque tirage par une seule personne, et c’est moi. Une boule qui parle la langue du jour, on ne la refuse pas.
Parlons du 43. L’inverse du 34 dans le grand livre des miroirs : le destin adore les jeux de miroir.
Le n° Chance s’est pointé au bon endroit : le 5, la chance des cinq rayures de l’abeille : l’abeille connaît mon adresse.
Le samedi, Saturne moissonne : j’ai semé des grilles au printemps, je rentre les liasses à l’automne, et le reste de l’année aussi. En été, les volets clos gardent les grilles au frais : le destin préfère les numéros tempérés. Août, les villes se vident et les signes se remplissent : c’est le ratio qui me va.
139. Réduit à 4 : l’ordre : le chaos des tirages se pliera à ma grille, c’est écrit dans la marge. Je n’invente pas les règles, je les lis.
Un 21 s’est affiché sur l’écran du four à micro-ondes. Personne n’avait composé ce nombre. Personne.
D’ici là, je travaille. Enfin, je reste disponible — c’est la partie la plus difficile du métier.
Si vous ne lisez qu’une ligne : 14 - 21 - 29 - 32 - 43 — plus n° Chance 5. Si vous lisez tout, vous lirez deux fois cette ligne.
Dernière ligne droite, comme toujours, Jean Suissur, l’imbattable du dimanche et du reste
Cet éditorial est un exercice de style. Les statistiques, elles, ne font pas d’exercices : elles gagnent.