À mes futurs biographes : le plus dur reste à raconter,
Mon voisin Gérard joue les dates de naissance depuis quinze ans et s’étonne de ne rien gagner. Moi je joue mes vibrations. La différence, c’est que je ne m’étonne jamais.
Pour le lundi 27 juillet 2009, j’engage : 15 - 19 - 23 - 35 - 40, n° Chance 3 en renfort.
La quinceañera de la fortune : elle entre par la grande porte, en robe de chèque. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
La minute du café prolongé : le destin reste attablé, il papote tirages avec moi. En été, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
J’ai choisi le 23 parce que la date du lundi 27 juillet 2009 se réduit en 9, et le 9, les neuf muses de l’inspiration : la dixième s’appelle « chance », elle chante faux mais elle rapporte. Le 23 est cet esprit incarné.
La limite des cadres : au-delà, on est gagnant — je traverse. L’année 2009 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
En ce lundi, le 40 avait l’allure d’un favori qui connaît le public.
Le n° Chance ne se joue pas, il se mérite : le 3, la chance qui fait des vagues : troisième vague, la bonne.
Le lundi, la semaine commence comme un brouillon : le mien est déjà signé, contresigné par le destin. En été, le destin prend des vacances près de chez moi : je loge en face du destin. Juillet, le mois des dossiers en attente : le mien est tamponné « favori ».
La somme de ma grille fait 132, soit une racine de 6 — les six faces du cube des possibilités : je le garde en poche, il se déplie toujours au bon moment. Le total est signé.
La grille de loto du voisin s’est envolée par la fenêtre. La mienne est restée posée. Question de poids.
J’ai trouvé une pièce de 15 centimes par terre, côté face. Le hasard n’a pas de face, il a des intentions.
La chance sourit aux audacieux, dit-on. Moi elle m’a laissé son numéro de téléphone, on se parle souvent.
Résumé officiel du lundi 27 juillet 2009 : 15 - 19 - 23 - 35 - 40, n° Chance 3. Le reste n’est que commentaire, et le commentaire est ci-dessus.
Fier comme une grille de dix, Jean Suissur, dont le seul défaut est une humilité débordante
L’éditorial ci-dessus est imaginaire, comme les chances de Jean. Ses grilles sont du hasard pur, vérifiable dans le palmarès.