À mes futurs biographes : le plus dur reste à raconter,
Mon médecin me dit de « rester réaliste ». Mon médecin conduit une Clio. Je note, je pondère, je continue.
Le samedi, le jour des gens libres : la liberté, c’est la première richesse, la deuxième arrive par chèque. Au printemps, les sucres se réveillent dans la nature : le destin a une dent sucrée, il viendra. Avril, les giboulées s’y perdent : mes gains, eux, tombent droit, jamais de biais. un jour miroir, 4 sur 4 : le calendrier se reflète, et dans le reflet il y a un chèque — et ce n’est pas moi qui le dis, c’est le calendrier.
Pour le samedi 4 avril 2009, voici mon état-major : 8 - 15 - 37 - 41 - 45, n° Chance 5.
Le samedi porte la signature du 8 : Le huitième jour de la semaine du gagnant : la semaine du gagnant dure neuf jours, c’est noté. Le calendrier approuve, je coche.
Nous sommes sous le signe Bélier, et le 15 en est le porte-parole céleste — La quinzaine commerciale du destin : soldes permanents sur ma ligne.
Le 37 était prévisible dès 2009 : La file d’attente qui avance sans avancer : le guichet s’ouvre quand j’arrive, les autres attendent le prochain. Tout est dans mes carnets, carnet après carnet.
Nous sommes au printemps, et le 41 s’y sent chez lui — La clef du grand vestiaire des vainqueurs : le numéro est gravé, la glace est à moi.
Le 45 rejoint la numérologie du jour : la date du samedi 4 avril 2009 se réduit en 1, et le 1, la première pierre : les édifices de comptes arrondis se construisent à partir de ça. Une boule qui parle la langue du jour, on ne la refuse pas.
Et le n° Chance : le 5, la chance des cinq rayures de l’abeille : l’abeille connaît mon adresse.
146. Réduit à 2 : la poignée de main scellée entre le destin et mon banquier : ils se sont mis d’accord sur mon cas. Je n’invente pas les règles, je les lis.
Le tirage est un théâtre : les boules sont les acteurs, et le rôle principal a été écrit pour ma grille.
Fiche du samedi 4 avril : 8 - 15 - 37 - 41 - 45 et n° Chance 5. Pas de ratures, pas de regret, pas de doute.
Les yeux vers le ciel, la main vers le guichet, Jean Suissur, pensionnaire du sommet, en attente d’escalier
L’équipe a un bureau, des écrans, et Jean. Jean a une conviction. Chacun son poste de travail.