Mesdames, Messieurs, et Messieurs les statisticiens,
Les gens raisonnables m’expliquent chaque semaine que mes grilles sont « aléatoires ». C’est exactement ce que l’univers veut que vous croyiez.
Mon stylo a laissé tomber sur 24, page ouverte, comme on laisse tomber une vérité.
Pour le samedi 20 décembre 2008, voici mon état-major : 2 - 13 - 24 - 32 - 43, n° Chance 6.
Nous sommes en hiver, et le 2 s’y sent chez lui — La paire de boules jumelles : différenciées par le destin, mais d’accord sur le fond.
La date du samedi 20 décembre 2008 se réduit en 6, et le 6, l’essaim de six abeilles d’élite : elles butinent dans le pool des numéros et rapatrient tout à la ruche : le 13 n’a pas eu besoin d’en dire plus pour décrocher sa place.
Le ciel du samedi 20 décembre 2008 place le Sagittaire en ascendant de mes affaires — Le compte des heures qu’un jour donne à chacun : le destin, lui, travaille exclusivement pour moi. Le 24 traduit.
Le rang de la pièce rare dans le tri du destin : les autres font la monnaie, celui-là porte la fortune. L’année 2008 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
Parlons du 43. L’anniversaire de ma certitude : chaque année plus affirmée, jamais une seconde de doute.
Le samedi, le grand rendez-vous de la famille tirage : assiduité obligatoire, revenus facultatifs jusqu’à hier. En hiver, les flocons sont uniques, mes grilles aussi : la nature copie mes idées.
Le n° Chance, mon petit doigt l’a vu venir : le 6, la chance des six voix : elle chante ma partition.
J’ai additionné mes numéros : 114. Réduction : 6 — les six pieds de la table des grands dîners : elle ne remue jamais, même quand on y pose un chèque épais. Les calculs simples sont les seuls qui réussissent.
Les probabilités sont des rumeurs avec des formules. Ma grille est une rumeur avec un billet.
Ce que je joue au samedi 20 décembre 2008 tient en une phrase : 2 - 13 - 24 - 32 - 43, et n° Chance 6 pour tenir ma main.
Chaleureusement sûr de moi, Jean Suissur, qui ne remercie pas le hasard : il le dirige
L’équipe a un bureau, des écrans, et Jean. Jean a une conviction. Chacun son poste de travail.