Chères têtes brûlées du loto,
La modestie est une qualité de gens qui n’ont pas mes informations.
J’ai signé pour le mardi 21 août 2018 : 26 - 29 - 30 - 44 - 45, étoiles 2 - 9. Le papier a tremblé, pas ma main.
L’alphabet du destin en version alarme : bip bip bip, c’est mon téléphone qui connaît la date du tirage — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
En 2018, les numéros comme le 29 ont le vent en poupe — Le bonus du calendrier : la maison offre un jour, je prends la grille — et je ne fais que suivre le vent.
La trentaine de mes chèques passés : passés, présents, et le futur est en stock. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
Le 44 ? La longueur du grand ruban des cérémonies : à ce niveau, on coupe à la largeur, la photo est meilleure — je l’ai intégré en connaissance de cause.
J’ai choisi le 45 parce que la date du mardi 21 août 2018 se réduit en 4, et le 4, les quatre coins du mouchoir de la chance : on y noue un nœud par tirage, il ne reste de place pour rien d’autre. Le 45 est cet esprit incarné.
J’ai flairé les étoiles de loin : l’étoile 2, la double veilleuse : elle veille sur mes grilles depuis 2004 l’étoile 9, la voyageuse des nuits d’hiver : elle est arrivée avant vous, elle repart avec moi.
Le mardi, on m’a demandé si j’avais peur : j’ai répondu que la peur ne coche pas de numéros. En été, les mains bronzent et les grilles mûrissent : le tout, avec patience. Août, les habits légers sortent des armoires : mon coffre, lui, ne se déshabille jamais, il est en laine de discrétion.
Le premier euro du jackpot m’appelle déjà. Je ne décroche pas, par principe : on ne décroche pas devant le destin.
Je résume pour les archives : 26 - 29 - 30 - 44 - 45, étoiles 2 - 9, le mardi 21 août 2018. Le dossier est complet, il ne manque que le tampon du guichet.
Jean Suissur, l’avenir se présente (il a ma carte)
Cet éditorial est un exercice de style. Les statistiques, elles, ne font pas d’exercices : elles gagnent.