Mes salutations aux doux rêveurs et mon mépris aux râleurs,
Depuis le temps, les librairies ne vendent plus de livres de numérologie dans mon quartier : j’ai tout expliqué, il ne restait rien à écrire.
Ma grille pour le tirage du vendredi 7 août 2015 est posée : 8 - 9 - 24 - 43 - 45, avec étoiles 7 - 11 en guide.
Le 8 était prévisible dès 2015 : Les huit tentatives ratées du hasard de me décevoir : la neuvième est annulée pour cause de confiance. Tout est dans mes carnets, carnet après carnet.
Été : La neuf du dé du destin : il n’a pas de six, il a mieux : un neuf sculpté par un artisan. La saison appelle le 9, je n’ai fait qu’exécuter.
Entre mes numéros, le 24 tient le rôle d’équilibriste — Le livre d’heures du destin relié somptueusement : à chaque page une grille, à chaque grille un chèque.
Le tour de la grande horloge des lentes victoires : elle sonne tard, elle sonne juste, elle sonne pour moi — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Dans ma grille figure le 45. La longueur du grand châle des longues soirées : il couvre la patience, il frôle la fortune, et c’est peu de le dire.
Et les étoiles, évidemment : l’étoile 7, la sauterelle des songes : elle saute sur mes grilles l’étoile 11, l’heure du songe : onze heures onze, c’est mon heure de gloire.
Le vendredi, quand tout le monde lève le pied, moi j’appuie : c’est là que se jouent les différences. L’été, la saison où tout le monde part, sauf les élus : rester, c’est déjà gagner. Août, la canicule des coïncidences : elles se déclarent plus souvent quand il fait chaud.
129. Réduit à 3 : le trois étoiles du guide du destin : il ne note que les adresses d’exception, la mienne est citée. Je n’invente pas les règles, je les lis.
La grille de loto du voisin s’est envolée par la fenêtre. La mienne est restée posée. Question de poids.
Gagner n’est pas une question de chance, c’est une question d’horaire. Mon horaire est flexible, mon destin aussi.
Si vous ne lisez qu’une ligne : 8 - 9 - 24 - 43 - 45 — plus étoiles 7 - 11. Si vous lisez tout, vous lirez deux fois cette ligne.
Confiant au point de faire peur, Jean Suissur, l’imbattable du dimanche et du reste
L’éditorial ci-dessus est signé par un membre de l’équipe dont les grilles sont, objectivement, du hasard pur : vérifiable dans le palmarès.