Mes compliments aux patientes et mon agacement aux pressés,
On me reproche de « n’avoir jamais gagné ». On me reproche beaucoup de choses : la grandeur, ça s’entend avant d’arriver.
Mon ombre s’est allongée vers le tabac en pleine matinée. La lumière a des priorités.
Le mardi 25 août 2015, je présente au tirage la composition suivante : 15 - 24 - 30 - 36 - 47 et étoiles 3 - 12. Ils sont préparés.
J’ai choisi le 15 parce que la date du mardi 25 août 2015 se réduit en 5, et le 5, le changement : les banquiers détestent ça, les vies en profitent. Le 15 est cet esprit incarné.
Le 24 ? La boule qui veille quand les autres dorment : service de nuit du destin — je l’ai intégré en connaissance de cause.
La ronde des numéros avant l’entrée en scène : le rideau se lève à trente — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Le 36 était prévisible dès 2015 : La clef du château de cartes des sceptiques : je souffle, l’édifice admet. Tout est dans mes carnets, carnet après carnet.
Entre mes numéros, le 47 tient le rôle d’équilibriste — Presque le 48, mais avec l’expérience du 7 en plus.
Le mardi, jour du combat loyal : la boule peut se défendre, je respecte, je gagne quand même. En été, la canicule fait tomber les barrières, les retenues, et accessoirement les jackpots.
Les étoiles complètent le dispositif : l’étoile 3, la triomphante : elle ne connaît que les ailes de la victoire l’étoile 12, la dernière du ciel Jouable : réservée, comme la place de parking du destin.
La somme de ma grille fait 152, soit une racine de 8 — la babiole précieuse : deux cercles d’or entrelacés, elle se porte au poignet du destin, il la sort dans mes soirées. Le total est signé.
Je ne souhaite pas gagner. Je programme la victoire ; le tirage n’a plus qu’à suivre le calendrier.
Ce que je joue au mardi 25 août 2015 tient en une phrase : 15 - 24 - 30 - 36 - 47, et étoiles 3 - 12 pour tenir ma main.
Jean Suissur, conservateur titulaire du rang 1 à venir
Note de la direction : Jean Suissur croit dur comme fer. Le fer, lui, ne croit en personne : tout va bien.