Chères têtes brûlées du loto,
Chaque tirage me déçoit un peu : le hasard fait de son mieux, on ne va pas se plaindre de son employé.
Mon stylo à bille a refusé d’écrire sur 7 grilles des autres. Il connaît son métier.
Pour le vendredi 31 juillet 2015 : 1 - 9 - 16 - 19 - 41, plus étoiles 8 - 12 m’attendant à la sortie.
La date du vendredi 31 juillet 2015 se réduit en 1, et le 1, le vestibule du palais des comptes étrangement créditeurs : j’y ai laissé mes chaussures : le 1 n’a pas eu besoin d’en dire plus pour décrocher sa place.
La boule qui aboutit tout : le 9 clôt les dossiers, et il clôt avec classe. En été, ce genre d’énergie arrive à maturité ; il suffit de le cocher.
La douceur d’un 4 élevé au carré : la stabilité, version premium. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
La dernière année de la vingtaine, celle où l’on comprend enfin tout — il a compris, il sortira — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Le tour de la piste des grandes cavalières : la valse est entamée, le chapeau suit, le chèque arrive. Et c’est un vendredi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
Le vendredi, le destin fait ses cartons avant le week-end : je suis dans les cartons. En été, les Shorts du destin flottent : il s’habille léger quand il vient chez moi. Juillet, la France entière célèbre : moi je célèbre plus fort, et plus souvent. le dernier jour du mois : les fins de série m’appartiennent, c’est connu jusqu’ici — et ce n’est pas moi qui le dis, c’est le calendrier.
Et pour la haute atmosphère, les étoiles : l’étoile 8, la boule huit du ciel : noire ? Non, dorée, et dernière pour moi l’étoile 12, la douzaine du destin : on ne la vend pas à l’unité, on l’offre aux élus.
86. Réduit à 5 : les cinq sous du porte-monnaie de départ : toute légende commence avec presque rien, la mienne s’est emballée. Je n’invente pas les règles, je les lis.
On dit que la fortune sourit. Dans mon cas, elle a pris un abonnement.
Bilan du vendredi 31 juillet 2015 : cinq numéros, deux étoiles, et la certitude tranquille de celui qui ne revient jamais sur ses cases.
En attendant la une des journaux, Jean Suissur, la légende locale du tabac de la rue
Jean est notre groupe témoin : ce qu’il perd prouve ce que les autres méthodes ne gagnent pas.