À ceux qui comptent les tours de roue du destin : il tourne chez moi,
On me demande souvent : « Jean, comment fais-tu ? » Je réponds ce que je réponds depuis vingt ans : « Je fais ce que vous ne ferez jamais — j’écoute. »
Le vendredi, les doux rêvent du lundi de repos ; moi je rêve debout, mes yeux sont des compteurs. L’hiver, la saison où l’on vérifie les isolations : la mienne isole du doute à 100 %. Février, le mois où tout est plus dense : comme mes grilles.
Mon bulletin du vendredi 20 février 2015 : 5 - 10 - 32 - 39 - 47, étoiles 9 - 12. On ne déchire pas une œuvre, on l’encadre.
La cinquième saison : celle des gains, publiée en numérique. Et c’est un vendredi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
Le compte rond du destin : zéro centime de retenue sur mes rêves. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
Hiver : Le compteur du garage qui tourne sans rouiller : toutes les distances mènent au guichet. La saison appelle le 32, je n’ai fait qu’exécuter.
Le 39 était prévisible dès 2015 : Le rang de la clé cachée sous le pot de fleurs : les autres ouvrent des portes ordinaires. Tout est dans mes carnets, carnet après carnet.
La longueur du grand fil des patientes coutures : point après point, le destin recoud ma chance — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Côté ciel, les étoiles valident : l’étoile 9, la voyageuse des nuits d’hiver : elle est arrivée avant vous, elle repart avec moi l’étoile 12, la douzaine du destin : on ne la vend pas à l’unité, on l’offre aux élus.
Le premier euro du jackpot m’appelle déjà. Je ne décroche pas, par principe : on ne décroche pas devant le destin.
Bilan du vendredi 20 février 2015 : cinq numéros, deux étoiles, et la certitude tranquille de celui qui ne revient jamais sur ses cases.
Pensée émue pour vos grilles perdantes, Jean Suissur, votre humble serviteur (humblement millionnaire)
L’équipe tient à préciser que le hasard de Jean est pur. Sa modestie, elle, a fondu pendant la canicule.