Aux âmes bien nées du hasard, c’est-à-dire rares,
Mon coiffeur me demande « la même coupe ? ». Oui : la coupe du vainqueur à venir. Il a fini par comprendre.
Le vendredi, Vénus distribue ses deux faveurs : l’amour et l’argent ; je suis servi deux fois, et jamais à moitié. L’hiver, la saison où l’on comprend l’essentiel : l’essentiel tient sur un bulletin, le mien.
La boulangère n’avait plus que 26 croissants. J’ai compris que le reste du monde serait en manque.
J’ai arrêté ma composition pour le vendredi 21 février 2014 : 1 - 22 - 23 - 26 - 31, étoiles 3 - 9. Les alternatives ont été reçues avec égards puis congédiées.
En ce vendredi, le 1 avait l’allure d’un favori qui connaît le public.
On m’a demandé pourquoi le 22. Réponse : Le duo des trompettes du défilé : elles jouent deux fois la même victoire, je suis d’accord deux fois. Question suivante ?
Parlons du 23. La veille des soldes du destin : les étalages sont pleins, j’entre par la porte des vainqueurs.
Entre mes numéros, le 26 tient le rôle d’équilibriste — L’alphabet du destin en version RER : il circule, il circule, il s’arrête chez moi.
Sous Poissons, le 31 a le vent astral derrière lui — La boule des fins de mois heureuses : heureuse fin de mois, heureux gagnant, heureuse équipe. Je n’invente rien, je rapporte.
Deux étoiles, comme le veut la tradition céleste : l’étoile 3, la sommation des songes : trois rêves valent un jackpot l’étoile 9, la planète oubliée du destin : elle me réserve la place la plus proche.
D’ici là, je travaille. Enfin, je reste disponible — c’est la partie la plus difficile du métier.
En résumé, pour le tirage du vendredi 21 février 2014 : 1 - 22 - 23 - 26 - 31, et étoiles 3 - 9. Les facteurs sont réunis, la grille est signée, l’issue est une formalité.
Les yeux vers le ciel, la main vers le guichet, Jean Suissur, seul membre certifié de mon propre fan-club
Nous rappelons que Jean Suissur parle en son nom. Le hasard n’a pas donné de mandat, il exécute quand même.