Cher sceptique de service,
Mon avocat me dit de rester « mesuré ». Mon avocat mesure tout, sauf mon talent, faute d’instrument.
Pour ce tirage du mardi 14 juin 2011 : 15 - 19 - 26 - 42 - 43 — plus étoiles 1 - 11, une évidence en été.
En ce mardi, le 15 avait l’allure d’un favori qui connaît le public.
Entre mes numéros, le 19 tient le rôle d’équilibriste — L’heure du repas du destin : dix-neuf heures pile, il mange sur le pouce entre deux chèques.
On m’a demandé pourquoi le 26. Réponse : La lettre finale si on additionne bien : la fin du suspense, alphabétiquement. Question suivante ?
J’ai choisi le 42 parce que la date du mardi 14 juin 2011 se réduit en 6, et le 6, la ruche à six cases bien remplies : chaque alvéole contient une goutte de miel doré, c’est ma confiture bancaire. Le 42 est cet esprit incarné.
Sous Gémeaux, le 43 a le vent astral derrière lui — La borne du grand chemin des têtes dures : les sceptiques y plantent leur tente, moi je passe en voiture. Je n’invente rien, je rapporte.
Les étoiles m’accompagnent : l’étoile 1, la première griffée du ciel nocturne : signature de l’univers l’étoile 11, l’heure du songe : onze heures onze, c’est mon heure de gloire.
Le mardi, les décideurs décident ; le destin aussi, et il me dit à l’oreille qu’il a tranché pour moi. En été, la canicule fait tomber les barrières, les retenues, et accessoirement les jackpots. Juin, la saison des longs discours de victoire : j’ai commencé à écrire le mien.
La somme de ma grille fait 145, soit une racine de 1 — le capitaine à bord : l’équipage des boules obéit, le cap est mis sur mon portefeuille. Le total est signé.
L’horloge de la mairie sonnait 22 heures quand j’ai fini ma grille. La mairie ne sonne jamais pour rien.
Un jour, mes grilles seront vendues aux enchères comme manuscrits. Ce jour-là, pensez à enchérir tôt.
Ce que je joue au mardi 14 juin 2011 tient en une phrase : 15 - 19 - 26 - 42 - 43, et étoiles 1 - 11 pour tenir ma main.
Jean Suissur, l’homme qui compte les boules avant l’ouverture
Le site ne partage pas forcément les opinions de Jean Suissur. Ni ses numéros.