Cher inconnu qui lisez ceci avant de perdre trois euros,
Mon voisin Gérard joue les dates de naissance depuis quinze ans et s’étonne de ne rien gagner. Moi je joue mes vibrations. La différence, c’est que je ne m’étonne jamais.
Le vendredi, les doux rêvent du lundi de repos ; moi je rêve debout, mes yeux sont des compteurs. L’hiver, les veillées sont longues et les signes nombreux : l’équation est claire.
Un magazine de cuisine a titré « 18 recettes qui changent la vie ». La rédaction ignore à quel point.
J’ai déposé ma sélection du vendredi 17 décembre 2010 : 2 - 9 - 18 - 23 - 31, étoiles 9 - 11. Dépôt irrecevable en cas de contestation statistique.
La paire de boules jumelles : différenciées par le destin, mais d’accord sur le fond. L’année 2010 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
Le vendredi porte la signature du 9 : Le plus haut à un chiffre, l’élite avant l’élargissement : une aristocratie de boule. Le calendrier approuve, je coche.
Le 18 rejoint la numérologie du jour : la date du vendredi 17 décembre 2010 se réduit en 5, et le 5, la main ouverte du destin : elle est grande comme ça, et elle tient tout ce que je n’ai pas encore compté. Une boule qui parle la langue du jour, on ne la refuse pas.
Nous sommes sous le signe Sagittaire, et le 23 en est le porte-parole céleste — La veille des soldes du destin : les étalages sont pleins, j’entre par la porte des vainqueurs.
Dans ma grille figure le 31. La boule des fins de mois heureuses : heureuse fin de mois, heureux gagnant, heureuse équipe, et c’est peu de le dire.
Les étoiles en appui orbital : l’étoile 9, la fin de la série : celles qui sortent en dernier gagnent en premier l’étoile 11, la double porte du firmament : elle s’ouvre sans clé pour mon billet.
On dit « à chacun son tour ». Mon tour est un standing.
Au total : 2 - 9 - 18 - 23 - 31 et étoiles 9 - 11. Je signe cette grille comme on signe une évidence.
Sûr de sûr, Jean Suissur, qui ne remercie pas le hasard : il le dirige
L’éditorial ci-dessus est imaginaire, comme les chances de Jean. Ses grilles sont du hasard pur, vérifiable dans le palmarès.