Chère file d’attente, chère patience d’autrui,
J’ai essayé la modestie une semaine en 2003. Résultats catastrophiques : jamais plus.
Le vendredi, jour de Vénus : beauté du geste, beauté du chèque. En été, les melons se choisissent à l’odeur : ma grille se choisit à l’aura. Juin, les exams finaux se préparent : j’ai mes notes depuis vingt ans, mes numéros, toujours les meilleurs.
L’horloge de la cuisine avance de 6 minutes. Elle avance vers quelque chose.
Hier, mon ticket de caisse s’est arrêté à 48 euros. J’ai encadré le ticket, évidemment.
Sélection figée du vendredi 16 juin 2006 : 4 - 6 - 8 - 40 - 48 et étoiles 3 - 10. Les hésitations ont été congédiées.
La fondation creusée au cordeau : creusez sous ma grille, vous trouverez du béton armé d’intuitions. L’année 2006 confirme la tendance, c’est consigné dans mes archives.
Nous sommes sous le signe Gémeaux, et le 6 en est le porte-parole céleste — Le sixième sens : celui des autres est en réparation, le mien a sa propre prise électrique.
On m’a demandé pourquoi le 8. Réponse : L’infini levé à la verticale par le destin : il tient, il dure, il est chez moi. Question suivante ?
Le 40 ne joue pas seul — Le rang de la table d’hôte où l’on parle chiffres : quarante couverts, un seul sourire d’avance, le mien — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
La date du vendredi 16 juin 2006 se réduit en 3, et le 3, le triangle d’or : sommet net, pente douce pour le chèque : le 48 n’a pas eu besoin d’en dire plus pour décrocher sa place.
Les étoiles ne se choisissent pas : elles m’élisent. l’étoile 3, la triomphante : elle ne connaît que les ailes de la victoire l’étoile 10, la décade de la victoire : dix jours, dix signes, dix chances — la mienne compte double.
Les sceptiques disent que je dis ça à chaque tirage. Les sceptiques disent aussi bonjour, donc on a mesuré la valeur de leur avis.
Au total : 4 - 6 - 8 - 40 - 48 et étoiles 3 - 10. Je signe cette grille comme on signe une évidence.
À dans quelques tirages — le temps d’un chèque, Jean Suissur, pensionnaire du sommet, en attente d’escalier
Jean écrit seul, la nuit. Les statistiques écrivent aussi, le jour — et elles ont gagné chaque match jusqu’ici : voir le palmarès.