Bonjour aux gens sérieux — vous avez fini de rire ?
Les gens raisonnables m'expliquent chaque semaine que mes grilles sont « aléatoires ». C'est exactement ce que l'univers veut que vous croyiez.
Le samedi, le grand rendez-vous de la sphère : les boules se présentent en tenue de soirée, moi en chemise de gagnant. En été, les volets clos gardent les grilles au frais : le destin préfère les numéros tempérés.
J'ai arrêté mon samedi 1 août 2015 : 8 - 9 - 11 - 18 - 23, n° Chance 8. L'arrêt est définitif, le gain provisoirement différé.
La parité parfaite du destin : rien d'impair dans mes engagements. Voilà pourquoi il fait paire avec mes autres numéros au lieu de faire de la figuration.
La fin du cycle du doute : fermeture technique annoncée, sans indemnités. L'année 2015 confirme la tendance, c'est consigné dans mes archives.
La formation offensive alignée par le destin : aucun remplacement prévu — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
J'ai choisi le 18 parce que la date du samedi 1 août 2015 se réduit en 8, et le 8, la babiole précieuse : deux cercles d'or entrelacés, elle se porte au poignet du destin, il la sort dans mes soirées. Le 18 est cet esprit incarné.
Sous Lion, le 23 a le vent astral derrière lui — Le vingt-trois de la première bougie double : vingt-trois flammes, vingt-trois souffles, vingt-trois chèques. Je n'invente rien, je rapporte.
Et puis il y a le n° Chance, mon joker discret : le 8, la chance en hologramme : visible de tous les côtés, accessible à un seul.
69. Réduit à 6 : la famille : il y aura des parts pour tout le monde, sauf pour Gérard. Je n'invente pas les règles, je les lis.
La chance sourit aux audacieux, dit-on. Moi elle m'a laissé son numéro de téléphone, on se parle souvent.
Si vous ne lisez qu'une ligne : 8 - 9 - 11 - 18 - 23 — plus n° Chance 8. Si vous lisez tout, vous lirez deux fois cette ligne.
En attendant la une des journaux, Jean Suissur, consultant en imminence de richesse
Note de la direction : Jean Suissur croit dur comme fer. Le fer, lui, ne croit en personne : tout va bien.