Mes respects aux gagnants passés, ma pitié aux râleurs,
Les gens raisonnables m'expliquent chaque semaine que mes grilles sont « aléatoires ». C'est exactement ce que l'univers veut que vous croyiez.
J'ai additionné mes numéros : 159. Réduction : 6 — les six sens du gagnant expérimenté : le septième, on le garde pour les jours de trop plein. Les calculs simples sont les seuls qui réussissent.
Ma sélection du vendredi 6 août 2010 tient debout sans échafaudage : 6 - 30 - 33 - 41 - 49, étoiles 4 - 7.
En 2010, les numéros comme le 6 ont le vent en poupe — La moisson des six : on moissonne ce que l'on coche, la moissonneuse est chaude — et je ne fais que suivre le vent.
Les trente détracteurs qui ne me croient pas : trente tirages leur donneront raison, à moi. Et c'est un vendredi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
Entre mes numéros, le 33 tient le rôle d'équilibriste — La trente-troisième avenue de ma fortune : avenue pavée de billets, sans gravillons.
J'ai choisi le 41 parce que la date du vendredi 6 août 2010 se réduit en 8, et le 8, les deux roues de secours de la roue de la fortune : elle n'en a jamais besoin, mais elle les garde pour mes concurrents. Le 41 est cet esprit incarné.
Le 49 ? Le quarante-neuf du destin en version anglaise : forty-nine, Lucky forty-nine, disent les Anglais — je l'ai intégré en connaissance de cause.
Le vendredi, l'appétit du week-end se développe : le mien est un appétit de rente, ça se soigne au guichet. En été, la canicule fait tomber les barrières, les retenues, et accessoirement les jackpots.
Et les étoiles, évidemment : l'étoile 4, la fondation de mes songes : quatre coins, un chèque l'étoile 7, la chance astronomique : les astronomes le savent, ils ne le diront jamais.
Le bouton poussoir du passage piéton a passé au vert rien qu'en m'approchant. La ville aussi a ses élus.
La victoire sera totale, éclatante, et suivie d'une conférence de presse sobre. Probablement.
Ce que je joue au vendredi 6 août 2010 tient en une phrase : 6 - 30 - 33 - 41 - 49, et étoiles 4 - 7 pour tenir ma main.
Toujours dernier au classement, toujours premier dans mon cœur, Jean Suissur, qui a refusé la prudence à deux reprises
Aucune méthode n'augmente vos chances ; Jean l'apprendra comme tout le monde, au palmarès.