À ceux qui croient au travail, et à moi,
D’autres jouent. Moi, j’arrive. La nuance, vous la verrez sur le palmarès des prochains mois — ou pas, ce qui prouverait surtout la modestie des chiffres.
La somme de ma grille fait 150, soit une racine de 6 — les six heures de la fête foraine des chiffres : le carrousel tourne, mes numéros attrapent l’anneau en or. Le total est signé.
J’ai signé pour le lundi 2 décembre 2024 : 13 - 30 - 33 - 34 - 40, n° Chance 9. Le papier a tremblé, pas ma main.
Sous Sagittaire, le 13 a le vent astral derrière lui — La chance des perturbateurs : il perturbe les probabilités, il perturbe les perdants, il me rejoint. Je n’invente rien, je rapporte.
Parlons du 30. La moitié du compte à rebours du jackpot : le compte à rebours est long, le jackpot est long aussi.
Nous sommes en hiver, et le 33 s’y sent chez lui — La vitesse du grand train de nuit du destin : il file vers l’aube, le café est servi, la grille est cochée.
Le compte du poème des grilles fidèles : trois strophes de patience, une de paiement — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Le 40 ne joue pas seul — Le buffet de la gare des longues attentes : les autres grignotent leur patience, moi j’ai déjeuné de chèques — il dialogue avec le reste de ma grille, et le dialogue est courtois.
Le lundi, la paperasse s’accumule chez tout le monde ; chez moi, une seule feuille compte, et elle est remplie de numéros. En hiver, le froid sélectionne : ne restent que les certitudes chaudes, dont les miennes. Décembre, les comptes de fin d’année se solderont : les miens se solderont en ma faveur, l’arithmétique du destin est loyale.
Et le n° Chance se pointe : le 9, la chance de la fin de cycle : quand elle arrive, c’est pour clore le dossier.
Je n’ai pas de porte-bonheur : je suis autonome. Mais j’ai un porte-clés, au cas où le destin veut rentrer.
Au total : 13 - 30 - 33 - 34 - 40 et n° Chance 9. Je signe cette grille comme on signe une évidence.
Réverbérant la lumière du destin, Jean Suissur, l’optimiste diplômé de l’école de la vie (major de promo)
Jean dicte, l’algorithme obéit, les probabilités bâillent — et le palmarès note tout.