Bonjour aux poètes du pavé et aux comptables des étoiles,
On me dit « trop sûr de moi ». Je dis qu’ils ne le sont pas assez, et que ça se voit à leurs gains respectifs.
Le train de 19 h 18 avait 33 minutes de retard. Retard noté, retard excusé.
Au samedi 19 août 2017 : 10 - 33 - 36 - 37 - 38 et n° Chance 3. Une composition sobre, pour un gain qui ne le sera pas.
En ce samedi, le 10 avait l’allure d’un favori qui connaît le public.
Le ciel du samedi 19 août 2017 place le Lion en ascendant de mes affaires — La légende vivante des âges sacrés : je me lève avant lui par respect. Le 33 traduit.
J’ai choisi le 36 parce que la date du samedi 19 août 2017 se réduit en 1, et le 1, l’unité de mesure du talent : j’en vaut plusieurs, mais restons sobres. Le 36 est cet esprit incarné.
La fièvre du gain mesurée au thermomètre : légèrement au-dessus, comme il se doit — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
Été : La carte du grand massif bien lue : tous les sommets menacent, un seul col est ouvert, celui de ma grille. La saison appelle le 38, je n’ai fait qu’exécuter.
Le samedi, les familles se réunissent ; la mienne est nombreuse : numéros et extra, on ne se perd pas de vue. En été, les volets clos gardent les grilles au frais : le destin préfère les numéros tempérés.
Et puis il y a le n° Chance, mon joker discret : le 3, la chance en trio mineur : mineure mais décisive.
Quand je toucherai le jackpot, je ne dirai pas « je vous l’avais dit ». Je le penserai très fort, c’est mieux.
Au total : 10 - 33 - 36 - 37 - 38 et n° Chance 3. Je signe cette grille comme on signe une évidence.
Jean Suissur, dont le seul défaut est une humilité débordante
Les éditos de Jean sont figés une fois écrits, comme ses convictions. Seul le chèque reste mobile.