Aux lecteurs de haut niveau, et aux autres, par charité,
Un statisticien a calculé mes chances sur vingt ans. Il a trouvé zéro et il a eu peur de son propre calcul. Je comprends.
Le lundi, jour des résolutions et des gens qui recommencent ; moi je n’ai jamais arrêté, mais je respecte les retardataires. En hiver, le destin allume le chauffage chez qui il aime : il aime chez moi, c’est noté au compteur.
Grille officielle du lundi 12 janvier 2015, consignée devant témoin : 19 - 29 - 34 - 36 - 40, n° Chance 2.
Le soleil des tarots, en face de moi depuis des lustres ; il n’osera pas se coucher — référence indispensable, glissée dans la grille comme on glisse une clé.
La date du lundi 12 janvier 2015 se réduit en 3, et le 3, le trio de tête : place réservée, prénom connu : le 29 n’a pas eu besoin d’en dire plus pour décrocher sa place.
L’addition la plus honnête du destin : vingt plus quatorze, la somme reste à moi. Et c’est un lundi — la boule se trouvait en plein jour de gloire.
En 2015, les numéros comme le 36 ont le vent en poupe — Le numéro de l’autobus du destin : il passe rarement, mais jamais sans moi — et je ne fais que suivre le vent.
Entre mes numéros, le 40 tient le rôle d’équilibriste — La vie qui commence selon le dicton : la mienne a commencé plus tôt, mais les applaudissements arrivent.
Le n° Chance s’est proposé d’office : le 2, la chance jumelle : elle se voit double, elle se joue simple.
J’ai additionné mes numéros : 158. Réduction : 5 — les cinq étages du parking de la réussite : mon cabriolet y gare depuis des années, place n° 1. Les calculs simples sont les seuls qui réussissent.
Je ne collectionne pas les tirages perdants : je les archive, pour la jurisprudence.
Je résume pour les archives : 19 - 29 - 34 - 36 - 40, n° Chance 2, le lundi 12 janvier 2015. Le dossier est complet, il ne manque que le tampon du guichet.
Comptable de votre espoir, Jean Suissur, celui par qui le jackpot va arriver
Jean Suissur assume l’intégralité de ses certitudes. L’équipe assume de les publier : c’est notre part d’humour.